lundi 13 juin 2011

Syrie : Derrière Amina se cachait un étudiant américain !

On attendait tous avec impatience des nouvelles d'Amina Abdalla. Une cousine de la jeune syrienne, enlevée par des hommes armés à Damas, donnait régulièrement des nouvelles de la famille de la jeune femme sur le blog intitulé "Damascus Gay Girl".

Toute cette histoire a été inventée par un étudiant américain à Edimbourg âgé de 40 ans. Ce lundi, l'imposteur présente ses excuses à toutes les personnes qui ont été marquées par cette histoire. Il affirme même que "les faits relatés sur le blog sont vrais et pas trompeurs de la situation en Syrie". Sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter, les messages de colère se multiplient. Geoffrey HULSENS

mardi 7 juin 2011

Syrie : La répression s’accentue. Une célèbre blogueuse enlevée

Ce lundi soir, la célèbre blogueuse syrienne Amina Abdalla a été enlevée en plein jour dans une rue de la capitale, Damas. Cette annonce a été faite par sa cousine, sur le blog de l’activiste A gay Girl in Damascus. Dès l’annonce de cet enlèvement, plusieurs groupes de soutien se sont créés sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook où le groupe « Free Amina Abdalla Syrian Blogger » rassemble ce mardi soir plus de 8.000 personnes.

Les groupes de soutien se multiplient sur les réseaux sociaux. Tous demandent la libération immédiate de la blogueuse. CNN

Selon les toutes dernières informations, son père tente désespérément de trouver où elle est et quel groupe a commis le rapt. Toujours selon des membres de sa famille qui ont auparavant déjà été emprisonnés, ils pensent qu’elle sera libérée assez rapidement.

La femme est une célèbre militante active des droits homosexuels en Syrie. Par ailleurs, elle est également connue pour ses prises de position critiques à l’égard du président al-Assad.

Depuis le début du soulèvement populaire en Syrie, ce n’est pas la première fois que la jeune femme est inquiétée par les autorités. Le 26 avril dernier, elle a subi un interrogatoire de la part des forces de sécurité. Depuis lors, Amina vivait dans la crainte d’être à nouveau appréhendée par le régime syrien. Elle changeait quasi quotidiennement de cache et n’avait pas souhaité rejoindre sa mère réfugiée au Liban.

Depuis février, de nombreux blogueurs ont été arrêtés en Syrien. Les journalistes étrangers ne peuvent toujours pas circuler sur le terrain. Amina voulait donc rester dans son pays afin de relater les événements et de se faire le porte-voix d’une profession muselée. Geoffrey HULSENS

jeudi 19 mai 2011

Syrie : Ces vidéos amateurs qui font trembler le régime

Mardi dernier, des habitants de Deraa (foyer de la contestation) affirmaient avoir découvert un charnier aux abords de la ville. Information immédiatement démentie par les autorités qui dénonçaient une campagne "calomnieuse pour déstabiliser la Syrie".

Aujourd'hui, les choses semblent accréditer la thèse de la découverte d'une fosse. Grâce aux vidéos amateurs postées sur Youtube, les preuves sont bien réelles. Dans cette vidéo, on y voit clairement des membres humains déterrés d'une fosse peu profonde.



Ces images feront-elles vaciller le régime syrien ? Une preuve supplémentaire des crimes commis en toute impunité

Comment peut-on authentifier la vidéo amateur ?


Tout d'abord, on apprend que les images ont été filmées ce 16 mai. Les Syriens ont pris l'habitude de donner ce genre d'information lorsqu'ils tournent des images afin d'aider les journalistes dans leur travail. Ensuite, à 1'41 minute, on voit une plaque d'immatriculation sur laquelle il est inscrit Deraa en arabe. Enfin, ces images ont été relayées par la chaîne d'opposition syrienne Shamsnn qui depuis le début du soulèvement populaire a diffusé des vidéos qui se sont avérées authentiques. Pour accréditer encore plus cette information, CNN a su s'entretenir avec un agriculteur de la région dont la version des faits coïncide à ce que l'on voit dans la vidéo.

Actuellement, le travail des journalistes sur place est interdit. Les autorités empêchent aux professionnels de se rendre sur le terrain. Alors, la population prend le relais. Chacun s'improvise journaliste. Geoffrey HULSENS

mercredi 18 mai 2011

Libye : Sous la pression, des membres de la famille Kadhafi s’enfuient

Ce mercredi soir, on a appris que la femme du colonel Mouammar Kadhafi ainsi que sa fille ont été se réfugier en Tunisie, pays voisin. L’information vient d’une source proche des services de sécurité tunisiens et relayée par la chaine d’information Euronews.

Kadhafi vit-il ses dernières heures ?

Des membres de sa famille qui s’exilent en Tunisie, les bombardements continus de l’Otan, des proches du régime libyen qui font défection,…les heures du colonel Kadhafi sont comptées. Malgré tous ces éléments, rappelons que les attaques de la coalition et les défections précédentes n’ont en rien entaché la détermination de Kadhafi. Au contraire, il ressortait renforcé.

Pour accentuer cette pression, la Cour pénale internationale (CPI) a demandé en début de semaine aux juges de délivrer des mandats d’arrêt pour crimes contre l’humanité à l’encontre de Kadhafi, son fils et le chef des renseignements libyens.

Du côté de la Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion basée à Benghazi, le porte-parole affirme souhaite représenter la Libye lors de la prochaine réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Ce geste marque une nouvelle offensive diplomatique de la part des rebelles qui cherchent par-dessus tout à gagner la confiance des pays du monde entier. La Maison Blanche juge le Conseil "légitime et crédible".

La fuite de membres de sa famille portera sans doute un nouveau coup dur au régime libyen. Kadhafi lâchera peut-être du lest s’il comprend enfin qu’il est isolé sur la scène internationale. Geoffrey HULSENS

Plus de précisions : cliquer ici







mardi 17 mai 2011

Syrie : Peut-être un accord à l’Onu pour condamner Damas !

Le 27 avril dernier, une séance spéciale de l’Onu avait eu lieu à la demande des Etats-Unis afin de condamner la répression en Syrie. Ce fut un véritable échec. Depuis lors, les discussions étaient au point mort. Du moins, c’est ce qu’on pensait puisqu’on a appris ce mardi qu’un accord se profilait pour punir le régime de Bachar al-Assad. Cet accord est encore loin d’être conclu puisque Moscou et Pékin menacent encore de mettre leur droit de veto sur un texte.

Pour obtenir justement une résolution du Conseil de sécurité, il faut éviter à tout prix le veto d’un membre permanent (Russie et Chine en font partie) et ensuite réunir neuf voix. On en est donc encore loin aujourd’hui même si le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, se montre plutôt confiant.

Prendre des mesures contre le régime syrien devient de plus en plus urgent d’autant plus que les vidéos qui nous parviennent de manifestants syriens sont intenables. Les autorités n’hésitent pas à tirer à balles réelles. Les victimes se comptent par milliers.

 Un appel à la grève à par ailleurs été lancé pour ce mercredi 18 mai. Des manifestations massives sont attendues sur tout le territoire. L’appel à cette manifestation géante a été lancé grâce au réseau social Facebook. Ce mardi soir, près de 178.000 personnes annonçaient leur participation pour la grande journée de demain.



Reportage d'Euronews du 14 mai 2011
Enfin à Deraa, foyer de la contestation, un témoin affirmait avoir découvert une fosse commune. Le ministère de l’intérieur syrien dénonce une « campagne calomnieuse » pour déstabiliser la Syrie. Il est toujours très difficile de vérifier les informations sur place puisque le régime interdit le déplacement de tous les journalistes ; sauf ceux qui travaillent pour les médias appartenant à Bachar al-Assad.

La situation sur place est donc toujours très préoccupante. Si la Russie et la Chine font toujours bloc au Conseil de sécurité de l’Onu, on assistera à une vague importante de déplacés. La situation deviendra vite hors de contrôle à la fois pour les pays voisins mais aussi pour l’Europe qui doit déjà faire face à des arrivées massives d’immigrés tunisiens et libyens notamment. Un accord à l’Onu permettrait surtout aux Syriens d’espérer des jours meilleurs alors qu'ils vivent la période la plus sombre de leur histoire. Geoffrey HULSENS

vendredi 13 mai 2011

Libye : Kadhafi blessé ? L’information fait l’effet d’une bombe

Mouammar Kadhafi serait blessé et aurait quitté son fief, Tripoli. Cette information (ou peut-être doit-on la qualifier de rumeur) fait grand bruit. La nouvelle a été révélée ce vendredi 13 mai par l’évêque de Tripoli, Mgr Martinelli.

Dernière apparition de Mouammar Kadhafi à la télévision d'Etat libyenne, le 11 mai dernier. Capture de la télévision d'État libyenne. France Info

Quand on analyse la situation actuelle, on comprend très vite pourquoi certains pensent que le colonel libyen serait souffrant. Sa dernière apparition publique date du 30 avril durant laquelle il avait affirmé : « Je ne quitterai pas mon pays et je m’y battrai jusqu’à la mort ».

En revanche, sa dernière apparition télévisée date du 11 mai dernier et n’a pu être authentifiée. Dès lors, on comprend rapidement pourquoi de nombreuses personnes jugent « crédibles » les informations révélées par Mgr. Martinelli. Le régime libyen nie en bloc ces informations et y voit sans doute encore un complot.


Ce qui est certain, c’est que les bombardements continuent toujours dans le pays sous le commandement de l’Otan depuis le 31 mars. Les avions de la coalition ont déjà effectué plus de 6.377 vols, dont 2.500 avec pour objectif de mener des attaques aériennes. Les Belges, toujours impliqués dans le conflit, sortent en moyenne deux fois par jour.

Malheureusement, les raids ne se terminent pas toujours bien. Un bombardement de l’Otan aurait fait 16 morts ce vendredi 13 mai à l’aube. Le conditionnel est utilisé car l’information a été dévoilée par la télévision publique libyenne qui n’hésite pas à diffuser de fausses informations. Dans quel but ? Montrer à la population libyenne que l’Alliance atlantique n’est pas la bienvenue sur le territoire et qu’elle tue des civils. D’ailleurs, l’information n’a même pas été confirmée à l’heure actuelle par une source indépendante.

Enfin, la Cour pénale internationale (CPI) demandera aux juges début de la semaine prochaine de délivrer des mandats d’arrêt. Les proches du régime libyen seront suivis pour crimes contre l’humanité, a annoncé le procureur de la CPI.

Si Mouammar Kadhafi a bien quitté Tripoli, ce serait un nouveau coup dur pour son clan mais une grande victoire pour les rebelles qui cherchent depuis des semaines à approcher la capitale libyenne. Geoffrey HULSENS

Pour écouter les précisions d'Eric Valmir : cliquer ici

Mises à jour

Quelques heures à peine après la publication de cet article, Mouammar Kadhafi s'exprimait dans un bref message audio. Il affirmait que "les bombardements de la coalition ne m'atteindront pas". Cette déclaration met ainsi un terme aux rumeurs selon lesquelles il aurait été blessé par des bombardements de l'Otan.

mardi 3 mai 2011

Syrie : Un journaliste libéré le jour où la liberté de la presse est célébrée !

Ce 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse, est l'occasion de rappeler que près de 300 journalistes et collaborateurs sont encore derrière les barreaux. Emprisonnés alors qu'ils exerçaient leur métier; leur passion.

La Libre Belgique, en collaboration avec Reporters Sans Frontières a diffusé à cette occasion un classement mondial de la liberté de la presse. Les bons élèves cette année sont la Finlande, l'Islande, la Norvège, les Pays-Bas, la Suède et la Suisse. En revanche, les pays où la situation est catastrophique pour la presse sont l'Erythrée, le Soudan, Rwanda, Corée du Nord, Iran, Birmanie, Yémen ou encore la Syrie.

Et c'est en Syrie justement qu'on a appris aujourd'hui la libération du journaliste algérien Khaled Sid Mohan. Détenu depuis le 9 avril dernier, il se trouve désormais à l'ambassade d'Algérie à Damas. Selon sa famille, il est en bonne santé.


Le journaliste algérien Khaled Sid Mohan a été libéré le jour où la liberté de la presse est célébrée dans le monde entier. Photo : AFP

La révolution arabe rend les conditions de travail extrêmement difficiles pour les journalistes. Ils sont victimes de meurtres, de violences, de détentions arbitraires, d'expulsions ou d'interdiction d'accès. Les pays où la situation est qualifiée de "très grave" sont la Tunisie, la Libye, la Syrie, l'Arabie Saoudite, le Yémen ou encore l'Iran. Les dirigeants n'hésitent pas à museler la presse et à mater les contestataires à l'abri de tous les regards.

Pour conclure, il est bon de souligner qu'il n'y a pas de démocratie forte sans presse libre. Geoffrey HULSENS