jeudi 19 mai 2011

Syrie : Ces vidéos amateurs qui font trembler le régime

Mardi dernier, des habitants de Deraa (foyer de la contestation) affirmaient avoir découvert un charnier aux abords de la ville. Information immédiatement démentie par les autorités qui dénonçaient une campagne "calomnieuse pour déstabiliser la Syrie".

Aujourd'hui, les choses semblent accréditer la thèse de la découverte d'une fosse. Grâce aux vidéos amateurs postées sur Youtube, les preuves sont bien réelles. Dans cette vidéo, on y voit clairement des membres humains déterrés d'une fosse peu profonde.



Ces images feront-elles vaciller le régime syrien ? Une preuve supplémentaire des crimes commis en toute impunité

Comment peut-on authentifier la vidéo amateur ?


Tout d'abord, on apprend que les images ont été filmées ce 16 mai. Les Syriens ont pris l'habitude de donner ce genre d'information lorsqu'ils tournent des images afin d'aider les journalistes dans leur travail. Ensuite, à 1'41 minute, on voit une plaque d'immatriculation sur laquelle il est inscrit Deraa en arabe. Enfin, ces images ont été relayées par la chaîne d'opposition syrienne Shamsnn qui depuis le début du soulèvement populaire a diffusé des vidéos qui se sont avérées authentiques. Pour accréditer encore plus cette information, CNN a su s'entretenir avec un agriculteur de la région dont la version des faits coïncide à ce que l'on voit dans la vidéo.

Actuellement, le travail des journalistes sur place est interdit. Les autorités empêchent aux professionnels de se rendre sur le terrain. Alors, la population prend le relais. Chacun s'improvise journaliste. Geoffrey HULSENS

mercredi 18 mai 2011

Libye : Sous la pression, des membres de la famille Kadhafi s’enfuient

Ce mercredi soir, on a appris que la femme du colonel Mouammar Kadhafi ainsi que sa fille ont été se réfugier en Tunisie, pays voisin. L’information vient d’une source proche des services de sécurité tunisiens et relayée par la chaine d’information Euronews.

Kadhafi vit-il ses dernières heures ?

Des membres de sa famille qui s’exilent en Tunisie, les bombardements continus de l’Otan, des proches du régime libyen qui font défection,…les heures du colonel Kadhafi sont comptées. Malgré tous ces éléments, rappelons que les attaques de la coalition et les défections précédentes n’ont en rien entaché la détermination de Kadhafi. Au contraire, il ressortait renforcé.

Pour accentuer cette pression, la Cour pénale internationale (CPI) a demandé en début de semaine aux juges de délivrer des mandats d’arrêt pour crimes contre l’humanité à l’encontre de Kadhafi, son fils et le chef des renseignements libyens.

Du côté de la Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion basée à Benghazi, le porte-parole affirme souhaite représenter la Libye lors de la prochaine réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Ce geste marque une nouvelle offensive diplomatique de la part des rebelles qui cherchent par-dessus tout à gagner la confiance des pays du monde entier. La Maison Blanche juge le Conseil "légitime et crédible".

La fuite de membres de sa famille portera sans doute un nouveau coup dur au régime libyen. Kadhafi lâchera peut-être du lest s’il comprend enfin qu’il est isolé sur la scène internationale. Geoffrey HULSENS

Plus de précisions : cliquer ici







mardi 17 mai 2011

Syrie : Peut-être un accord à l’Onu pour condamner Damas !

Le 27 avril dernier, une séance spéciale de l’Onu avait eu lieu à la demande des Etats-Unis afin de condamner la répression en Syrie. Ce fut un véritable échec. Depuis lors, les discussions étaient au point mort. Du moins, c’est ce qu’on pensait puisqu’on a appris ce mardi qu’un accord se profilait pour punir le régime de Bachar al-Assad. Cet accord est encore loin d’être conclu puisque Moscou et Pékin menacent encore de mettre leur droit de veto sur un texte.

Pour obtenir justement une résolution du Conseil de sécurité, il faut éviter à tout prix le veto d’un membre permanent (Russie et Chine en font partie) et ensuite réunir neuf voix. On en est donc encore loin aujourd’hui même si le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, se montre plutôt confiant.

Prendre des mesures contre le régime syrien devient de plus en plus urgent d’autant plus que les vidéos qui nous parviennent de manifestants syriens sont intenables. Les autorités n’hésitent pas à tirer à balles réelles. Les victimes se comptent par milliers.

 Un appel à la grève à par ailleurs été lancé pour ce mercredi 18 mai. Des manifestations massives sont attendues sur tout le territoire. L’appel à cette manifestation géante a été lancé grâce au réseau social Facebook. Ce mardi soir, près de 178.000 personnes annonçaient leur participation pour la grande journée de demain.



Reportage d'Euronews du 14 mai 2011
Enfin à Deraa, foyer de la contestation, un témoin affirmait avoir découvert une fosse commune. Le ministère de l’intérieur syrien dénonce une « campagne calomnieuse » pour déstabiliser la Syrie. Il est toujours très difficile de vérifier les informations sur place puisque le régime interdit le déplacement de tous les journalistes ; sauf ceux qui travaillent pour les médias appartenant à Bachar al-Assad.

La situation sur place est donc toujours très préoccupante. Si la Russie et la Chine font toujours bloc au Conseil de sécurité de l’Onu, on assistera à une vague importante de déplacés. La situation deviendra vite hors de contrôle à la fois pour les pays voisins mais aussi pour l’Europe qui doit déjà faire face à des arrivées massives d’immigrés tunisiens et libyens notamment. Un accord à l’Onu permettrait surtout aux Syriens d’espérer des jours meilleurs alors qu'ils vivent la période la plus sombre de leur histoire. Geoffrey HULSENS

vendredi 13 mai 2011

Libye : Kadhafi blessé ? L’information fait l’effet d’une bombe

Mouammar Kadhafi serait blessé et aurait quitté son fief, Tripoli. Cette information (ou peut-être doit-on la qualifier de rumeur) fait grand bruit. La nouvelle a été révélée ce vendredi 13 mai par l’évêque de Tripoli, Mgr Martinelli.

Dernière apparition de Mouammar Kadhafi à la télévision d'Etat libyenne, le 11 mai dernier. Capture de la télévision d'État libyenne. France Info

Quand on analyse la situation actuelle, on comprend très vite pourquoi certains pensent que le colonel libyen serait souffrant. Sa dernière apparition publique date du 30 avril durant laquelle il avait affirmé : « Je ne quitterai pas mon pays et je m’y battrai jusqu’à la mort ».

En revanche, sa dernière apparition télévisée date du 11 mai dernier et n’a pu être authentifiée. Dès lors, on comprend rapidement pourquoi de nombreuses personnes jugent « crédibles » les informations révélées par Mgr. Martinelli. Le régime libyen nie en bloc ces informations et y voit sans doute encore un complot.


Ce qui est certain, c’est que les bombardements continuent toujours dans le pays sous le commandement de l’Otan depuis le 31 mars. Les avions de la coalition ont déjà effectué plus de 6.377 vols, dont 2.500 avec pour objectif de mener des attaques aériennes. Les Belges, toujours impliqués dans le conflit, sortent en moyenne deux fois par jour.

Malheureusement, les raids ne se terminent pas toujours bien. Un bombardement de l’Otan aurait fait 16 morts ce vendredi 13 mai à l’aube. Le conditionnel est utilisé car l’information a été dévoilée par la télévision publique libyenne qui n’hésite pas à diffuser de fausses informations. Dans quel but ? Montrer à la population libyenne que l’Alliance atlantique n’est pas la bienvenue sur le territoire et qu’elle tue des civils. D’ailleurs, l’information n’a même pas été confirmée à l’heure actuelle par une source indépendante.

Enfin, la Cour pénale internationale (CPI) demandera aux juges début de la semaine prochaine de délivrer des mandats d’arrêt. Les proches du régime libyen seront suivis pour crimes contre l’humanité, a annoncé le procureur de la CPI.

Si Mouammar Kadhafi a bien quitté Tripoli, ce serait un nouveau coup dur pour son clan mais une grande victoire pour les rebelles qui cherchent depuis des semaines à approcher la capitale libyenne. Geoffrey HULSENS

Pour écouter les précisions d'Eric Valmir : cliquer ici

Mises à jour

Quelques heures à peine après la publication de cet article, Mouammar Kadhafi s'exprimait dans un bref message audio. Il affirmait que "les bombardements de la coalition ne m'atteindront pas". Cette déclaration met ainsi un terme aux rumeurs selon lesquelles il aurait été blessé par des bombardements de l'Otan.

mardi 3 mai 2011

Syrie : Un journaliste libéré le jour où la liberté de la presse est célébrée !

Ce 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse, est l'occasion de rappeler que près de 300 journalistes et collaborateurs sont encore derrière les barreaux. Emprisonnés alors qu'ils exerçaient leur métier; leur passion.

La Libre Belgique, en collaboration avec Reporters Sans Frontières a diffusé à cette occasion un classement mondial de la liberté de la presse. Les bons élèves cette année sont la Finlande, l'Islande, la Norvège, les Pays-Bas, la Suède et la Suisse. En revanche, les pays où la situation est catastrophique pour la presse sont l'Erythrée, le Soudan, Rwanda, Corée du Nord, Iran, Birmanie, Yémen ou encore la Syrie.

Et c'est en Syrie justement qu'on a appris aujourd'hui la libération du journaliste algérien Khaled Sid Mohan. Détenu depuis le 9 avril dernier, il se trouve désormais à l'ambassade d'Algérie à Damas. Selon sa famille, il est en bonne santé.


Le journaliste algérien Khaled Sid Mohan a été libéré le jour où la liberté de la presse est célébrée dans le monde entier. Photo : AFP

La révolution arabe rend les conditions de travail extrêmement difficiles pour les journalistes. Ils sont victimes de meurtres, de violences, de détentions arbitraires, d'expulsions ou d'interdiction d'accès. Les pays où la situation est qualifiée de "très grave" sont la Tunisie, la Libye, la Syrie, l'Arabie Saoudite, le Yémen ou encore l'Iran. Les dirigeants n'hésitent pas à museler la presse et à mater les contestataires à l'abri de tous les regards.

Pour conclure, il est bon de souligner qu'il n'y a pas de démocratie forte sans presse libre. Geoffrey HULSENS



lundi 2 mai 2011

Libye : Misrata résiste malgré l’intensification des bombardements

Quasi trois mois sont passés depuis le début des affrontements en Libye. Durant cette période, de nombreuses villes sont tombées aux mains des pro-Kadhafi. D’autres en revanche tiennent bon. C’est le cas de Misrata, toujours assiégée par la rébellion.

Le week-end dernier, les rebelles ont pourtant cru perdre cette ville. La raison ? L’Otan, en charge du commandement des opérations militaires des pays participant, a bombardé la maison de l’un des fils du guide libyen. Le fils cadet de Mouammar Kadhafi est décédé dans les bombardements ainsi que trois de ses petits-fils. Le colonel quant à lui, qui se trouvait dans le bâtiment est sain et sauf.

Aujourd’hui, l’Alliance atlantique est accusée d’avoir voulu assassiner Kadhafi. En guise de représailles, le guide libyen a bombardé le port de Misrata. Cette cible est cruciale pour les rebelles. L’accès terrestre étant coupé, le port est le seul moyen afin d’acheminer des vivres. Détruire le port c’est donc affaiblir les anti-Kadhafi.


                                          © AFP

Malgré ces violences, l’Otan qui cherche toujours des solutions contraignantes au régime syrien, a continué de lâcher des bombes sur Tripoli. Trois mois après le début des violences et de la répression sanglante en Libye, personne n’aurait pensé que Mouammar Kadhafi allait tenir tête aux Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France ou encore la Belgique qui participent aux opérations. Le guide libyen est de plus en plus isolé aussi bien dans son pays que sur la scène internationale.

Le port de Misrata détruit, des dizaines de bateaux attendaient le feu vert de l’Otan pour entrer en rade. Un navire de l’Organisation internationale pour les migrations transporte environ 180 tonnes d’aide humanitaire à destination de la population. Un bateau turc quant à lui a pu quitter la rade rapidement pendant le bombardement. Des obus ont explosé au moment même où le bateau quittait le port.




On le voit, Kadhafi tente le tout pour le tout…son but ? Affaiblir les rebelles pour qu’ils se replient. Ces derniers ne souhaitent pas quitter Misrata. Le faire serait un gros échec puisque la ville se situe seulement à 200 kilomètres à l’est de Tripoli. Au contraire, prendre Tripoli signifierait la fin de la suprématie de Mouammar Kadhafi. Geoffrey HULSENS