mercredi 27 avril 2011

Syrie : L'Onu peine à se mettre d'accord

Ce mercredi soir, une session spéciale de l'Onu sur la situation en Syrie a eu lieu à la demande des Etats-Unis. A la suite de cette séance, on apprenait que l'Onu n'était pas parvenu à boucler un accord. La raison ? Chine et Russie font toujours bloc contre d'éventuelles sanctions contre le régime syrien de Bachar el-Assad. Le ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, s'est prononcé quant à lui pour que des sanctions immédiates soient instaurées.

                                                                                                  Photo : AFP
La répression sanglante en Syrie aurait fait au moins 107 morts entre vendredi et dimanche, selon le Haut-commissariat de l'Onu aux droits de l'homme. Les manifestants réclamaient toujours la tête du président syrien el-Assad. Pourtant, M. Assad avait levé l'état d'urgence, en vigueur depuis 1963, afin de calmer la rue. En effet, c'était l'une des principales revendications des syriens.

Pour mater la contestation, le régime syrien n'hésite donc pas à utiliser la force militaire. Une option qui n'est pas au goût de tout le monde au sein du parti Baas, parti de Bachar el-Assad. C'est ainsi que près de 240 membres du parti ont fait défection au régime syrien.

Ces démissions successives interviennent alors que le président est de plus en plus seul sur la scène internationale. Toutefois, la situation reste très préoccupante et incertaine comme c'est le cas en Libye, au Yémen ou bien encore en Algérie. Des sanctions, qu'elles soient économiques ou militaires seraient la seule solution afin de mettre fin à ces crimes crapuleux, réalisés en toute impunité ! Geoffrey HULSENS

samedi 16 avril 2011

Algérie : Malgré sa main tendue, Bouteflika déçoit

Au lendemain de son allocution télévisée, le Président algérien Abdelaziz Bouteflika, âgé de 74 ans n’a pas convaincu la population algérienne. Ce samedi matin, plusieurs journaux indépendants titraient : « Loin des attentes des Algériens » (El Watan), « Bouteflika ignore l'opposition » (El Khabar), « Bouteflika déçoit » (Le Soir).

                                                                        Photo : Reuters


Pourtant, c’est la première fois depuis le début de la révolte en Algérie que le Président s’adressait à la nation. Dans un discours d’une vingtaine de minutes, il s’est engagé à réviser la Constitution. Il a également promis une révision de la loi sur l’information et les partis, avec en ligne de mire les élections présidentielles de 2014.


La situation en Algérie est loin d’être comme en Tunisie ou en Egypte. Les manifestations sont principalement locales. Jusqu’à présent, aucun rassemblement national n’a eu lieu. Et pour cause, le moindre groupe qui tente de mener une révolte est de suite réprimé. Quiconque ose défier le pouvoir sera jeté en prison. En février dernier, Bouteflika avait été contraint de lever l’état d’urgence afin de calmer la rue. Mais mardi encore, des centaines d’étudiants étaient une fois de plus descendus par milliers dans les rues d’Alger. Ils dénonçaient notamment la dévalorisation de leurs diplômes.

Les réformes annoncées ont été saluées par de nombreux étrangers dont le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé.

Seules ombres au tableau, aucun calendrier n’a été fixé et jusqu’à présent, aucun membre de son gouvernement n’a été limogé. Geoffrey HULSENS

A Alger, les précisions de la correspondante de France Info, Marie Heuclin : cliquer ici


 




samedi 9 avril 2011

Libye : Après l’euphorie des rebelles, le désespoir

L’Alliance atlantique (Otan), qui dirige désormais les opérations de commandement militaire en Libye, est critiquée pour avoir bombardé des chars appartenant aux rebelles. L’Otan ne souhaite pas s’excuser mais a exprimé ses « regrets ». Un moindre mal pour les rebelles qui estiment que l’Alliance atlantique ne joue pas totalement son rôle, à savoir de protéger les civils. Et on peut comprendre les opposants au régime du colonel Kadhafi. Voilà maintenant sept semaines que le conflit a débuté et, même si le guide libyen a perdu quelques villes au profit des opposants, on a l’impression que la situation stagne.

Toute la communauté internationale se réjouissait de voir arriver les étrangers (France, Grande-Bretagne et Etats-Unis en tête) afin de déloger Kadhafi, mais aujourd’hui tout le monde déchante. Les bavures de l’Alliance atlantique se multiplient. Le scénario d’un « Irak » ou d’un « Afghanistan » a bien lieu.

L’Allemagne, qui a toujours refusé de participer aux opérations militaires en affirmant qu’elle ne souhaitait pas que les civils soient touchés, doit aujourd’hui se frotter les mains. Angela Merkel doit être fière et pointer du doigt les pays impliqués dans le conflit armés. Quoiqu’il en soit, l’impasse est réelle. Tant sur le terrain que sur le plan politique. L’Otan, visiblement optimiste, ne voit pas de blocage en Libye.

Sur le terrain, l’essentiel des combats se déroulent dans le port pétrolier de Brega et dans la ville d'Ajbadiya, où une violente explosion a été entendue ce samedi. Dans les coulisses, les tentatives de médiation se multiplient. Ce week-end, le président sud africain Jacob Zuma et ses homologues du Congo, de la Mauritanie, du Mali et de l’Ouganda espèrent rencontrer dimanche Mouammar Kadhafi. Ils se rendront ensuite à Benghazi, fief des insurgés, afin d’obtenir un cessez-le-feu. L’Union européenne rencontrera quant à elle un représentant du Conseil national de transition (CNT). Ce Conseil a été reconnu par la France, le Qatar et l’Italie.


        Des insurgés libyens près de la ville de Brega, le 1er avril 2011 F.O'REILLY / REUTERS

Pour sa part, Kadhafi semble serein. Il s’est rendu ce samedi dans une école de Tripoli. Les enfants scandaient des propos anti-occidentaux. Probablement une nouvelle mise en scène du régime qui veut montrer, via la télévision libyenne, que le dirigeant a encore des « amis ».

A voir les bavures de l’Alliance atlantique, on pourrait souhaiter qu’elle se retire du conflit. Mais ce serait encore plus délicat de laisser la population libyenne seule face à Kadhafi. Tout le monde sait de quoi il est capable…du pire comme du meilleur. Même si les obstacles sont encore nombreux avant d’arriver à une démocratie, le changement est bien présent. Geoffrey HULSENS