lundi 13 juin 2011

Syrie : Derrière Amina se cachait un étudiant américain !

On attendait tous avec impatience des nouvelles d'Amina Abdalla. Une cousine de la jeune syrienne, enlevée par des hommes armés à Damas, donnait régulièrement des nouvelles de la famille de la jeune femme sur le blog intitulé "Damascus Gay Girl".

Toute cette histoire a été inventée par un étudiant américain à Edimbourg âgé de 40 ans. Ce lundi, l'imposteur présente ses excuses à toutes les personnes qui ont été marquées par cette histoire. Il affirme même que "les faits relatés sur le blog sont vrais et pas trompeurs de la situation en Syrie". Sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter, les messages de colère se multiplient. Geoffrey HULSENS

mardi 7 juin 2011

Syrie : La répression s’accentue. Une célèbre blogueuse enlevée

Ce lundi soir, la célèbre blogueuse syrienne Amina Abdalla a été enlevée en plein jour dans une rue de la capitale, Damas. Cette annonce a été faite par sa cousine, sur le blog de l’activiste A gay Girl in Damascus. Dès l’annonce de cet enlèvement, plusieurs groupes de soutien se sont créés sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook où le groupe « Free Amina Abdalla Syrian Blogger » rassemble ce mardi soir plus de 8.000 personnes.

Les groupes de soutien se multiplient sur les réseaux sociaux. Tous demandent la libération immédiate de la blogueuse. CNN

Selon les toutes dernières informations, son père tente désespérément de trouver où elle est et quel groupe a commis le rapt. Toujours selon des membres de sa famille qui ont auparavant déjà été emprisonnés, ils pensent qu’elle sera libérée assez rapidement.

La femme est une célèbre militante active des droits homosexuels en Syrie. Par ailleurs, elle est également connue pour ses prises de position critiques à l’égard du président al-Assad.

Depuis le début du soulèvement populaire en Syrie, ce n’est pas la première fois que la jeune femme est inquiétée par les autorités. Le 26 avril dernier, elle a subi un interrogatoire de la part des forces de sécurité. Depuis lors, Amina vivait dans la crainte d’être à nouveau appréhendée par le régime syrien. Elle changeait quasi quotidiennement de cache et n’avait pas souhaité rejoindre sa mère réfugiée au Liban.

Depuis février, de nombreux blogueurs ont été arrêtés en Syrien. Les journalistes étrangers ne peuvent toujours pas circuler sur le terrain. Amina voulait donc rester dans son pays afin de relater les événements et de se faire le porte-voix d’une profession muselée. Geoffrey HULSENS

jeudi 19 mai 2011

Syrie : Ces vidéos amateurs qui font trembler le régime

Mardi dernier, des habitants de Deraa (foyer de la contestation) affirmaient avoir découvert un charnier aux abords de la ville. Information immédiatement démentie par les autorités qui dénonçaient une campagne "calomnieuse pour déstabiliser la Syrie".

Aujourd'hui, les choses semblent accréditer la thèse de la découverte d'une fosse. Grâce aux vidéos amateurs postées sur Youtube, les preuves sont bien réelles. Dans cette vidéo, on y voit clairement des membres humains déterrés d'une fosse peu profonde.



Ces images feront-elles vaciller le régime syrien ? Une preuve supplémentaire des crimes commis en toute impunité

Comment peut-on authentifier la vidéo amateur ?


Tout d'abord, on apprend que les images ont été filmées ce 16 mai. Les Syriens ont pris l'habitude de donner ce genre d'information lorsqu'ils tournent des images afin d'aider les journalistes dans leur travail. Ensuite, à 1'41 minute, on voit une plaque d'immatriculation sur laquelle il est inscrit Deraa en arabe. Enfin, ces images ont été relayées par la chaîne d'opposition syrienne Shamsnn qui depuis le début du soulèvement populaire a diffusé des vidéos qui se sont avérées authentiques. Pour accréditer encore plus cette information, CNN a su s'entretenir avec un agriculteur de la région dont la version des faits coïncide à ce que l'on voit dans la vidéo.

Actuellement, le travail des journalistes sur place est interdit. Les autorités empêchent aux professionnels de se rendre sur le terrain. Alors, la population prend le relais. Chacun s'improvise journaliste. Geoffrey HULSENS

mercredi 18 mai 2011

Libye : Sous la pression, des membres de la famille Kadhafi s’enfuient

Ce mercredi soir, on a appris que la femme du colonel Mouammar Kadhafi ainsi que sa fille ont été se réfugier en Tunisie, pays voisin. L’information vient d’une source proche des services de sécurité tunisiens et relayée par la chaine d’information Euronews.

Kadhafi vit-il ses dernières heures ?

Des membres de sa famille qui s’exilent en Tunisie, les bombardements continus de l’Otan, des proches du régime libyen qui font défection,…les heures du colonel Kadhafi sont comptées. Malgré tous ces éléments, rappelons que les attaques de la coalition et les défections précédentes n’ont en rien entaché la détermination de Kadhafi. Au contraire, il ressortait renforcé.

Pour accentuer cette pression, la Cour pénale internationale (CPI) a demandé en début de semaine aux juges de délivrer des mandats d’arrêt pour crimes contre l’humanité à l’encontre de Kadhafi, son fils et le chef des renseignements libyens.

Du côté de la Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion basée à Benghazi, le porte-parole affirme souhaite représenter la Libye lors de la prochaine réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Ce geste marque une nouvelle offensive diplomatique de la part des rebelles qui cherchent par-dessus tout à gagner la confiance des pays du monde entier. La Maison Blanche juge le Conseil "légitime et crédible".

La fuite de membres de sa famille portera sans doute un nouveau coup dur au régime libyen. Kadhafi lâchera peut-être du lest s’il comprend enfin qu’il est isolé sur la scène internationale. Geoffrey HULSENS

Plus de précisions : cliquer ici







mardi 17 mai 2011

Syrie : Peut-être un accord à l’Onu pour condamner Damas !

Le 27 avril dernier, une séance spéciale de l’Onu avait eu lieu à la demande des Etats-Unis afin de condamner la répression en Syrie. Ce fut un véritable échec. Depuis lors, les discussions étaient au point mort. Du moins, c’est ce qu’on pensait puisqu’on a appris ce mardi qu’un accord se profilait pour punir le régime de Bachar al-Assad. Cet accord est encore loin d’être conclu puisque Moscou et Pékin menacent encore de mettre leur droit de veto sur un texte.

Pour obtenir justement une résolution du Conseil de sécurité, il faut éviter à tout prix le veto d’un membre permanent (Russie et Chine en font partie) et ensuite réunir neuf voix. On en est donc encore loin aujourd’hui même si le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, se montre plutôt confiant.

Prendre des mesures contre le régime syrien devient de plus en plus urgent d’autant plus que les vidéos qui nous parviennent de manifestants syriens sont intenables. Les autorités n’hésitent pas à tirer à balles réelles. Les victimes se comptent par milliers.

 Un appel à la grève à par ailleurs été lancé pour ce mercredi 18 mai. Des manifestations massives sont attendues sur tout le territoire. L’appel à cette manifestation géante a été lancé grâce au réseau social Facebook. Ce mardi soir, près de 178.000 personnes annonçaient leur participation pour la grande journée de demain.



Reportage d'Euronews du 14 mai 2011
Enfin à Deraa, foyer de la contestation, un témoin affirmait avoir découvert une fosse commune. Le ministère de l’intérieur syrien dénonce une « campagne calomnieuse » pour déstabiliser la Syrie. Il est toujours très difficile de vérifier les informations sur place puisque le régime interdit le déplacement de tous les journalistes ; sauf ceux qui travaillent pour les médias appartenant à Bachar al-Assad.

La situation sur place est donc toujours très préoccupante. Si la Russie et la Chine font toujours bloc au Conseil de sécurité de l’Onu, on assistera à une vague importante de déplacés. La situation deviendra vite hors de contrôle à la fois pour les pays voisins mais aussi pour l’Europe qui doit déjà faire face à des arrivées massives d’immigrés tunisiens et libyens notamment. Un accord à l’Onu permettrait surtout aux Syriens d’espérer des jours meilleurs alors qu'ils vivent la période la plus sombre de leur histoire. Geoffrey HULSENS

vendredi 13 mai 2011

Libye : Kadhafi blessé ? L’information fait l’effet d’une bombe

Mouammar Kadhafi serait blessé et aurait quitté son fief, Tripoli. Cette information (ou peut-être doit-on la qualifier de rumeur) fait grand bruit. La nouvelle a été révélée ce vendredi 13 mai par l’évêque de Tripoli, Mgr Martinelli.

Dernière apparition de Mouammar Kadhafi à la télévision d'Etat libyenne, le 11 mai dernier. Capture de la télévision d'État libyenne. France Info

Quand on analyse la situation actuelle, on comprend très vite pourquoi certains pensent que le colonel libyen serait souffrant. Sa dernière apparition publique date du 30 avril durant laquelle il avait affirmé : « Je ne quitterai pas mon pays et je m’y battrai jusqu’à la mort ».

En revanche, sa dernière apparition télévisée date du 11 mai dernier et n’a pu être authentifiée. Dès lors, on comprend rapidement pourquoi de nombreuses personnes jugent « crédibles » les informations révélées par Mgr. Martinelli. Le régime libyen nie en bloc ces informations et y voit sans doute encore un complot.


Ce qui est certain, c’est que les bombardements continuent toujours dans le pays sous le commandement de l’Otan depuis le 31 mars. Les avions de la coalition ont déjà effectué plus de 6.377 vols, dont 2.500 avec pour objectif de mener des attaques aériennes. Les Belges, toujours impliqués dans le conflit, sortent en moyenne deux fois par jour.

Malheureusement, les raids ne se terminent pas toujours bien. Un bombardement de l’Otan aurait fait 16 morts ce vendredi 13 mai à l’aube. Le conditionnel est utilisé car l’information a été dévoilée par la télévision publique libyenne qui n’hésite pas à diffuser de fausses informations. Dans quel but ? Montrer à la population libyenne que l’Alliance atlantique n’est pas la bienvenue sur le territoire et qu’elle tue des civils. D’ailleurs, l’information n’a même pas été confirmée à l’heure actuelle par une source indépendante.

Enfin, la Cour pénale internationale (CPI) demandera aux juges début de la semaine prochaine de délivrer des mandats d’arrêt. Les proches du régime libyen seront suivis pour crimes contre l’humanité, a annoncé le procureur de la CPI.

Si Mouammar Kadhafi a bien quitté Tripoli, ce serait un nouveau coup dur pour son clan mais une grande victoire pour les rebelles qui cherchent depuis des semaines à approcher la capitale libyenne. Geoffrey HULSENS

Pour écouter les précisions d'Eric Valmir : cliquer ici

Mises à jour

Quelques heures à peine après la publication de cet article, Mouammar Kadhafi s'exprimait dans un bref message audio. Il affirmait que "les bombardements de la coalition ne m'atteindront pas". Cette déclaration met ainsi un terme aux rumeurs selon lesquelles il aurait été blessé par des bombardements de l'Otan.

mardi 3 mai 2011

Syrie : Un journaliste libéré le jour où la liberté de la presse est célébrée !

Ce 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse, est l'occasion de rappeler que près de 300 journalistes et collaborateurs sont encore derrière les barreaux. Emprisonnés alors qu'ils exerçaient leur métier; leur passion.

La Libre Belgique, en collaboration avec Reporters Sans Frontières a diffusé à cette occasion un classement mondial de la liberté de la presse. Les bons élèves cette année sont la Finlande, l'Islande, la Norvège, les Pays-Bas, la Suède et la Suisse. En revanche, les pays où la situation est catastrophique pour la presse sont l'Erythrée, le Soudan, Rwanda, Corée du Nord, Iran, Birmanie, Yémen ou encore la Syrie.

Et c'est en Syrie justement qu'on a appris aujourd'hui la libération du journaliste algérien Khaled Sid Mohan. Détenu depuis le 9 avril dernier, il se trouve désormais à l'ambassade d'Algérie à Damas. Selon sa famille, il est en bonne santé.


Le journaliste algérien Khaled Sid Mohan a été libéré le jour où la liberté de la presse est célébrée dans le monde entier. Photo : AFP

La révolution arabe rend les conditions de travail extrêmement difficiles pour les journalistes. Ils sont victimes de meurtres, de violences, de détentions arbitraires, d'expulsions ou d'interdiction d'accès. Les pays où la situation est qualifiée de "très grave" sont la Tunisie, la Libye, la Syrie, l'Arabie Saoudite, le Yémen ou encore l'Iran. Les dirigeants n'hésitent pas à museler la presse et à mater les contestataires à l'abri de tous les regards.

Pour conclure, il est bon de souligner qu'il n'y a pas de démocratie forte sans presse libre. Geoffrey HULSENS



lundi 2 mai 2011

Libye : Misrata résiste malgré l’intensification des bombardements

Quasi trois mois sont passés depuis le début des affrontements en Libye. Durant cette période, de nombreuses villes sont tombées aux mains des pro-Kadhafi. D’autres en revanche tiennent bon. C’est le cas de Misrata, toujours assiégée par la rébellion.

Le week-end dernier, les rebelles ont pourtant cru perdre cette ville. La raison ? L’Otan, en charge du commandement des opérations militaires des pays participant, a bombardé la maison de l’un des fils du guide libyen. Le fils cadet de Mouammar Kadhafi est décédé dans les bombardements ainsi que trois de ses petits-fils. Le colonel quant à lui, qui se trouvait dans le bâtiment est sain et sauf.

Aujourd’hui, l’Alliance atlantique est accusée d’avoir voulu assassiner Kadhafi. En guise de représailles, le guide libyen a bombardé le port de Misrata. Cette cible est cruciale pour les rebelles. L’accès terrestre étant coupé, le port est le seul moyen afin d’acheminer des vivres. Détruire le port c’est donc affaiblir les anti-Kadhafi.


                                          © AFP

Malgré ces violences, l’Otan qui cherche toujours des solutions contraignantes au régime syrien, a continué de lâcher des bombes sur Tripoli. Trois mois après le début des violences et de la répression sanglante en Libye, personne n’aurait pensé que Mouammar Kadhafi allait tenir tête aux Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France ou encore la Belgique qui participent aux opérations. Le guide libyen est de plus en plus isolé aussi bien dans son pays que sur la scène internationale.

Le port de Misrata détruit, des dizaines de bateaux attendaient le feu vert de l’Otan pour entrer en rade. Un navire de l’Organisation internationale pour les migrations transporte environ 180 tonnes d’aide humanitaire à destination de la population. Un bateau turc quant à lui a pu quitter la rade rapidement pendant le bombardement. Des obus ont explosé au moment même où le bateau quittait le port.




On le voit, Kadhafi tente le tout pour le tout…son but ? Affaiblir les rebelles pour qu’ils se replient. Ces derniers ne souhaitent pas quitter Misrata. Le faire serait un gros échec puisque la ville se situe seulement à 200 kilomètres à l’est de Tripoli. Au contraire, prendre Tripoli signifierait la fin de la suprématie de Mouammar Kadhafi. Geoffrey HULSENS
                                       


mercredi 27 avril 2011

Syrie : L'Onu peine à se mettre d'accord

Ce mercredi soir, une session spéciale de l'Onu sur la situation en Syrie a eu lieu à la demande des Etats-Unis. A la suite de cette séance, on apprenait que l'Onu n'était pas parvenu à boucler un accord. La raison ? Chine et Russie font toujours bloc contre d'éventuelles sanctions contre le régime syrien de Bachar el-Assad. Le ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, s'est prononcé quant à lui pour que des sanctions immédiates soient instaurées.

                                                                                                  Photo : AFP
La répression sanglante en Syrie aurait fait au moins 107 morts entre vendredi et dimanche, selon le Haut-commissariat de l'Onu aux droits de l'homme. Les manifestants réclamaient toujours la tête du président syrien el-Assad. Pourtant, M. Assad avait levé l'état d'urgence, en vigueur depuis 1963, afin de calmer la rue. En effet, c'était l'une des principales revendications des syriens.

Pour mater la contestation, le régime syrien n'hésite donc pas à utiliser la force militaire. Une option qui n'est pas au goût de tout le monde au sein du parti Baas, parti de Bachar el-Assad. C'est ainsi que près de 240 membres du parti ont fait défection au régime syrien.

Ces démissions successives interviennent alors que le président est de plus en plus seul sur la scène internationale. Toutefois, la situation reste très préoccupante et incertaine comme c'est le cas en Libye, au Yémen ou bien encore en Algérie. Des sanctions, qu'elles soient économiques ou militaires seraient la seule solution afin de mettre fin à ces crimes crapuleux, réalisés en toute impunité ! Geoffrey HULSENS

samedi 16 avril 2011

Algérie : Malgré sa main tendue, Bouteflika déçoit

Au lendemain de son allocution télévisée, le Président algérien Abdelaziz Bouteflika, âgé de 74 ans n’a pas convaincu la population algérienne. Ce samedi matin, plusieurs journaux indépendants titraient : « Loin des attentes des Algériens » (El Watan), « Bouteflika ignore l'opposition » (El Khabar), « Bouteflika déçoit » (Le Soir).

                                                                        Photo : Reuters


Pourtant, c’est la première fois depuis le début de la révolte en Algérie que le Président s’adressait à la nation. Dans un discours d’une vingtaine de minutes, il s’est engagé à réviser la Constitution. Il a également promis une révision de la loi sur l’information et les partis, avec en ligne de mire les élections présidentielles de 2014.


La situation en Algérie est loin d’être comme en Tunisie ou en Egypte. Les manifestations sont principalement locales. Jusqu’à présent, aucun rassemblement national n’a eu lieu. Et pour cause, le moindre groupe qui tente de mener une révolte est de suite réprimé. Quiconque ose défier le pouvoir sera jeté en prison. En février dernier, Bouteflika avait été contraint de lever l’état d’urgence afin de calmer la rue. Mais mardi encore, des centaines d’étudiants étaient une fois de plus descendus par milliers dans les rues d’Alger. Ils dénonçaient notamment la dévalorisation de leurs diplômes.

Les réformes annoncées ont été saluées par de nombreux étrangers dont le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé.

Seules ombres au tableau, aucun calendrier n’a été fixé et jusqu’à présent, aucun membre de son gouvernement n’a été limogé. Geoffrey HULSENS

A Alger, les précisions de la correspondante de France Info, Marie Heuclin : cliquer ici


 




samedi 9 avril 2011

Libye : Après l’euphorie des rebelles, le désespoir

L’Alliance atlantique (Otan), qui dirige désormais les opérations de commandement militaire en Libye, est critiquée pour avoir bombardé des chars appartenant aux rebelles. L’Otan ne souhaite pas s’excuser mais a exprimé ses « regrets ». Un moindre mal pour les rebelles qui estiment que l’Alliance atlantique ne joue pas totalement son rôle, à savoir de protéger les civils. Et on peut comprendre les opposants au régime du colonel Kadhafi. Voilà maintenant sept semaines que le conflit a débuté et, même si le guide libyen a perdu quelques villes au profit des opposants, on a l’impression que la situation stagne.

Toute la communauté internationale se réjouissait de voir arriver les étrangers (France, Grande-Bretagne et Etats-Unis en tête) afin de déloger Kadhafi, mais aujourd’hui tout le monde déchante. Les bavures de l’Alliance atlantique se multiplient. Le scénario d’un « Irak » ou d’un « Afghanistan » a bien lieu.

L’Allemagne, qui a toujours refusé de participer aux opérations militaires en affirmant qu’elle ne souhaitait pas que les civils soient touchés, doit aujourd’hui se frotter les mains. Angela Merkel doit être fière et pointer du doigt les pays impliqués dans le conflit armés. Quoiqu’il en soit, l’impasse est réelle. Tant sur le terrain que sur le plan politique. L’Otan, visiblement optimiste, ne voit pas de blocage en Libye.

Sur le terrain, l’essentiel des combats se déroulent dans le port pétrolier de Brega et dans la ville d'Ajbadiya, où une violente explosion a été entendue ce samedi. Dans les coulisses, les tentatives de médiation se multiplient. Ce week-end, le président sud africain Jacob Zuma et ses homologues du Congo, de la Mauritanie, du Mali et de l’Ouganda espèrent rencontrer dimanche Mouammar Kadhafi. Ils se rendront ensuite à Benghazi, fief des insurgés, afin d’obtenir un cessez-le-feu. L’Union européenne rencontrera quant à elle un représentant du Conseil national de transition (CNT). Ce Conseil a été reconnu par la France, le Qatar et l’Italie.


        Des insurgés libyens près de la ville de Brega, le 1er avril 2011 F.O'REILLY / REUTERS

Pour sa part, Kadhafi semble serein. Il s’est rendu ce samedi dans une école de Tripoli. Les enfants scandaient des propos anti-occidentaux. Probablement une nouvelle mise en scène du régime qui veut montrer, via la télévision libyenne, que le dirigeant a encore des « amis ».

A voir les bavures de l’Alliance atlantique, on pourrait souhaiter qu’elle se retire du conflit. Mais ce serait encore plus délicat de laisser la population libyenne seule face à Kadhafi. Tout le monde sait de quoi il est capable…du pire comme du meilleur. Même si les obstacles sont encore nombreux avant d’arriver à une démocratie, le changement est bien présent. Geoffrey HULSENS 






vendredi 25 mars 2011

Syrie : Les gestes d’apaisement ne calment pas le jeu

« Le parti au pouvoir est très étroitement en phase avec les sentiments du peuple. Aucun mécontentement n'est perceptible qui nécessiterait un changement de ligne politique », affirmait fin janvier au Wall Street Journal le président syrien Bachar al-Assad. Et pourtant…Depuis cette déclaration, le régime a lâché du lest afin de calmer les centaines de milliers de manifestants. Exemple : les autorités comptent étudier l’annulation de la loi sur l’état d’urgence, décrété lors de l’arrivée du parti Baas au pouvoir en 1963.

Le mouvement de contestation, lancé sur le réseau social Facebook le 15 mars, a démarré dans la ville de Derra. Située dans le sud du pays près de la frontière avec la Jordanie, la ville de Derra abrite 75 milles personnes. A présent, la révolte a atteint d’autres villes dont Damas, capital syrienne. Les autorités ont du souci à se faire ! D’autant plus que les manifestants ont promis de crier leur colère jusque quand ils seront satisfaits. Les mesures prises pour le moment sont jugées trop timides par les opposants syriens.



Ici, comme dans les autres pays arabes d’ailleurs, la moindre velléité démocratique est directement matée. La police secrète joue un rôle considérable et n’hésite pas à tirer sur la foule. Conséquences ? Des centaines de personnes ont déjà été tuées tandis que d’autres auraient été emprisonnées. Ce vendredi, des heurts ont eu lieu aux quatre coins de la Syrie.

Était-ce prévisible ? Les 20 millions de syriens connaissent depuis plus de 50 ans le régime autoritaire du parti Baas, qui interdit toute opposition et gouverne en vertu de l’état d’urgence. Aussi, l’est du pays connaît depuis cinq ans une crise sociale qui a plongé 800 milles personnes dans extrême dénuement. Donc oui, le gouvernement syrien devait s’attendre à ce que le mouvement de révolte qui parcourt la quasi-totalité des pays arabes, ne vienne frapper aux portes du pays.

Difficile aujourd’hui de prédire l’avenir. Personne n’aurait pu prévoir ces événements il y a deux semaines. Un syrien témoigne : « on ne peut continuer à réprimer une population comme cela. Ce n'est pas possible. Il ne manque plus qu'une étincelle ». Et l’étincelle qui a mis le feu aux poudres a eu lieu. Reste plus qu’à savoir quand le feu sera éteint. Désormais, on craint plus que tout un scénario à la « Kadhafi » en référence à la Libye, ou à la « Saleh » pour le Yémen, qui s’attachent au siège présidentiel. Le pouvoir n’est plus du tout en phase avec les sentiments du peuple. Bachar al-Assad n’avait pas vu juste ! Geoffrey HULSENS





              Des manifestants dans les rues de Derra, le mercredi 23 mars. AP Photo

lundi 21 mars 2011

Libye : Un symbole de la révolte libyenne abattu

Aujourd'hui, je voudrais rendre hommage au bloggeur libyen Mohammed Nabous. Il a été abattu le samedi 19 mars à Benghazi alors qu'il filmait l'avancée des troupes du colonel Kadhafi. Durant cette révolte, il n'a pas hésité à témoigner notamment pour Euronews dans les zones de combats alors que les bombes pleuvaient. Des risques dont il avait conscience. Parfois, l'envie d'informer mais aussi de dénoncer les massacres commis sur la population libyenne, prend le dessus au risque de mettre sa vie en péril.

Mohammed Nabous n'aura pas la chance de voir, on l'espère tous, son pays libre. En revanche, son combat n'est pas perdu. Un combat mené également pour son enfant encore dans le ventre de sa mère.

En tout cas, il restera l'un des symboles de la révolution. Pour ses amis et proches, il est tombé en martyr. Aujourd'hui, je voudrais donc saluer son courage et le remercier pour avoir collaboré avec les journalistes. Mohammed Nabous n'est plus...mais on peut être sûr que quelqu'un d'autre à repris la relève. Geoffrey HULSENS

Pour écouter son dernier enregistrement sonore, cliquer ici


samedi 19 mars 2011

Libye : Tension maximale. Un avion abbatu en plein vol !

Le cessez-le-feu annoncé ce vendredi par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi aura été de courte durée, même s'il affirme toujours le respecter. Difficile à croire ! Il met en garde la communauté internationale et plus particulièrement la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis.

Nicolas Sarkozy, David Cameron et Barack Obama se sont en effet montrés « pour » une intervention militaire immédiate, deux jours après le vote de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’Onu. L’intervention militaire pourrait avoir lieu dès aujourd’hui, à l’issue du sommet de l’Union européenne, Ligue arabe et Union africaine qui se tient ce samedi à Paris.

Tandis que les troupes loyalistes, fidèles au dictateur libyen s’attaquent désormais à Benghazi, fief des rebelles, un avion (probablement des insurgés selon une source rebelle) a été abattu ce samedi matin. A l’heure actuelle, il est toujours difficile de savoir qui a abattu l’avion et à qui il appartenait. Le pilote de l’avion a su s’éjecter avant le crash de l’avion qui a terminé sa course folle dans une zone habitée à Benghazi. Le crash a provoqué une violente explosion. Toujours selon une source des rebelles, la chute de l’avion a été accueillie par des applaudissements et des cris de joie par la population de Benghazi. Des millions de personnes fuient actuellement la zone pour se réfugier à proximité de la frontière égypto-libyenne.



La Belgique a proposé de mettre quatre chasseurs bombardiers, un navire et des soldats à disposition de la coalition qui sera chargée d’appliquer la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies. Le Canada, la Norvège, le Danemark, l’Italie, l’Espagne ou encore le Qatar ont d’ores et déjà annoncé leur participation aux opérations. L’Allemagne, le Brésil, la Chine et la Russie se sont opposés à une intervention militaire. Angela Merkel, chancelière allemande, craint des victimes civiles comme ca été le cas en Afghanistan ou en Irak.

La tension est donc à son paroxysme. Les prochaines heures seront difficiles. Ce qui est certain, c’est que Mouammar Kadhafi veut toujours montrer qu’il dirige son pays. Par ailleurs, il met en garde les pays étrangers contre toute ingérence et promet des représailles. Le chemin de la démocratie est encore long, très long. La guerre civile est bien présente…tout comme la peur de revivre ces guerres interminables en Afghanistan ou en Irak. Ici, Kadhafi n’est pas prêt à dialoguer. • Geoffrey HULSENS

Voici le reportage d'Euronews




                                   Crédits photo : AFP





vendredi 18 mars 2011

Yémen : Après Bahreïn, le Yémen déclare à son tour l'état d'urgence

Ce jeudi, le royame du Bahreïn imposait la loi martiale en raison des violents affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants. Aujourd'hui, c'est au tour du Yémen de décréter l'état d'urgence. Le président Abdallah Saleh, 68 ans, a pris cette décision alors qu'au moins 46 personnes ont été tuées à Sanaa, capitale yéménite.


                                          Crédits photo : EPA

Il s'agit des violences les plus meurtrières depuis le début de la contestation, fin janvier. Le président américain Barack Obama a fermement condamné ces violences. Et pour cause, Washington voit en Saleh un allié dans la lutte contre le terrorisme.

Les victimes de cette tuerie, sans précédent depuis les violences civiles de 1994 dans ce pays pauvre de 24 millions d'habitants, portent à plus de 80 le bilan des morts depuis le début du mouvement appelant au départ du président Saleh.

Peu après l'explosion de violence à Sanaa, M. Saleh a annoncé que "le conseil de la défense nationale proclame l'état d'urgence dans le pays" pour une période de trente jours, une indication de sa détermination à contrer la révolte de la rue, en dépit de son isolement politique croissant. Geoffrey HULSENS

mercredi 16 mars 2011

Libye : Sarkozy attaque, Kadhafi riposte

Un mois après le début de la contestation populaire en Libye, la situation est alarmante et s’aggrave au fil des jours. La communauté internationale reste divisée quant aux sanctions à prendre contre le régime de Kadhafi.

Le G8, les plus grandes puissances au monde, s’était réuni le mardi 15 mars à Paris. C’est le fiasco total puisqu’aucun consensus n’a été trouvé. La Russie et la Chine ayant mis leur droit de veto, des opérations militaires n’auront donc pas lieu de la part des étrangers. C’était en tout cas la volonté notamment de la France. Par ailleurs, la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne et des tirs ciblés ne fait pas non plus l’unanimité. Pourtant Paris, Londres, la Ligue arabe et l’opposition libyenne étaient d’accord sur ce point. Encore une fois, le Conseil de sécurité de l’Onu est bloqué à cause des Chinois mais aussi des Etats-Unis qui n’arrivent pas à prendre une position claire et ferme.

Il n’en fallait pas moins pour que le colonel Kadhafi riposte face aux attaques de son homologue français, Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui coup de théâtre, le « tyran » libyen a affirmé avoir financé la campagne électorale du Président français en 2007. L’un des fils du colonel a demandé que l’argent soit reversé au clan Kadhafi…information immédiatement démentie par l’Elysée. Ce dernier déclare avoir des preuves matérielles quant aux différentes transactions qui auraient été effectuées en 2007, alors que le Président faisait campagne.


Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi le 12 décembre 2007. Crédits photo : AFP

La semaine dernière, le chef de l’Etat français avait reconnu l’opposition libyenne comme seule représentante du régime. Une décision qui avait pris de court l’ensemble des pays de l’Union européenne. Le leader libyen avait aussitôt menacé de rendre public « un grave secret » lié à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Une stratégie dans le but de faire tomber le chef de l’Etat français ? En tout cas, l’Elysée n’en démord pas et clame haut et fort être victime d’une manipulation à un peu plus d’un an des élections présidentielles.

Si cette information serait exacte, ce serait un coup dur pour l’UMP, parti de Nicolas Sarkozy, qui ne cesse d’être relégué à la troisième place dans tous les sondages dans la course à la présidentielle. Le Parti socialiste n’hésitera pas à sauter sur l’occasion pour demander des éclaircissements. Le Front national, quant à lui, poursuit son petit bonhomme de chemin. Le gouvernement de Sarkozy, qui a été remanié suite aux polémiques de l’ancienne ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, perdrait encore plus de crédibilité aux yeux des citoyens français.

On l’a vu, critiquer le régime de Kadhafi, même quand on est un chef de l’Etat ne pardonne pas. En revanche, s’il s’avérait que Nicolas Sarkozy aurait bien reçu un chèque afin de financer sa campagne électorale, c’est tout simplement le revers de la médaille. Sarkozy pourrait voir ses chances d’être réélu président tout bonnement s’envolées. • Geoffrey HULSENS

Pour écouter l'interview exclusive du fils de Mouammar Kadhafi accordée à Euronews, cliquer ici

mardi 15 mars 2011

Bahreïn : L'état d'urgence décrété

Le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa a proclamé l'état d'urgence pour trois mois, au lendemain de l'arrivée de troupes du Golfe pour l'aider à faire face à la contestation chiite. Près de 200 personnes ont été blessées dans des heurts. L'image ci-dessous montre ô combien les manifestants sont près à tout.• Geoffrey HULSENS

                                                                                           Crédits photo : AP

Voici le reportage d'Euronews :

lundi 14 mars 2011

Bahreïn : Guerre à l'horizon !

Pour la première fois depuis le début des manifestations au Royaume de Bahreïn, des troupes armées étrangères sont entrées dans le pays. Elles ont été appelées en renfort par la famille régnante sunnite des Khalifa afin de mettre un terme à tout rassemblement. Pour bien comprendre la situation, il faut savoir que le Royaume est dirigé par une dynastie sunnite alors que la majorité des habitants sont chiites. C’est d’ailleurs le seul Etat dans la péninsule arabique où on retrouve cette caractéristique. Dimanche, les manifestants antigouvernementaux ont bloqué l’accès routier au quartier des affaires de Bahreïn. C’est toute l’économie bahreïnie qui a été touchée de plein fouet. Ce lundi, les protestataires bloquaient le quartier financier de Manama, la capitale.

                                                                                  Crédits photo : Reuters

Pour maintenir l’ordre et la sécurité, la famille régnante a décidé de faire appel au Conseil de Coopération du Golfe (CCG). Le CCG n’a pas perdu de temps puisque ce lundi matin, des véhicules militaires saoudiens sont entrés dans le pays. Un peu plus tard, les Émirats arabes unis annonçaient à leur tour la participation au maintien de l’ordre en envoyant des forces armées. Pour le premier parti chiite du Bahreïn, le Wefaq, l’intervention des forces militaires régionales constituent une déclaration de guerre. Outre Bahreïn, le CCG comprend l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar et Oman. Le CCG est une alliance militaire, économique et politique.

La famille royale prend un risque énorme en faisant appel au CCG. Aujourd’hui, on craint plus que tout que les chiites des autres pays ne soutiennent les bahreïnis de confession chiite. Le mouvement pourrait alors s’étendre à d’autres pays comme au Koweït, au Qatar et au Sultanat d’Oman, jusque là plus ou moins épargnés par les violences.

C’est un tournant dans la révolution du Jasmin. Auparavant, chaque pays s’occupait tantôt dans la violence, tantôt dans un calme précaire, de «ses» propres manifestants avides de libertés. Ici au Royaume de Bahreïn, les activistes réunis sur la place de la Perle demandent des réformes politiques et une véritable monarchie constitutionnelle. Certains n'hésitent pas à demander le départ de la dynastie sunnite des Al-Khalifa. Avec l’entrée des troupes militaires en provenance de l’Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis, on ne peut que se dire qu’une guerre régionale se profile…Les tensions entre les chiites et les sunnites sont à nouveau présentes. Le monde entier à les yeux rivés sur la Libye et jusqu’à vendredi sur le Japon. Alors qu’on réprime et qu'on tue ailleurs ! Des meurtres qui restent et resteront probablement à jamais passés sous silence. • Geoffrey HULSENS

Pour regarder le reportage d'Euronews, cliquer ici






dimanche 13 mars 2011

Yémen : Le Président Saleh prêt à tout pour garder le pouvoir !

On dit souvent qu’un événement en chasse un autre. Surtout lorsqu’il est impressionnant, dramatique, désolant, inouï, imprévu. Les adjectifs ne manquent pas pour qualifier le puissant séisme de magnitude 9.0 sur l’échelle ouverte de Richter qui a secoué le Japon le vendredi 11 mars 2011. Ce puissant tremblement de terre a provoqué un tsunami avec des vagues pouvant atteindre à certains endroits dix mètres de haut. Les images nous glacent le sang. On pensait que l’île nippone pouvait faire face à ce genre d’événement imprévisible. La nature reprend ce que l’homme lui a arraché…elle arrache à son tour des milliers de vies humaines. Aujourd’hui, la menace d’une catastrophe nucléaire angoisse les milliers de japonais.

Durant un instant, on oublierait presque que le monde arabe est encore en ébullition. Oui, des manifestants sont toujours présents ici et là dans les rues qu’on soit en Tunisie, en Egypte, au Maroc, en Libye, au Qatar, en Arabie Saoudite,…au Yémen. La démocratie fait encore rêver, malgré la répression.

Justement, ce samedi 12 mars, des manifestants s’étaient rassemblés à Sanaa, capitale yéménite. Les protestataires réclament toujours une démocratie. D’autres demandent la démission du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. Ce dernier, qui fait toujours la sourde oreille, a donc lancé l’assaut sur les manifestants qui campaient depuis le 21 février sur la place de l’Université. Les forces de l’ordre yéménites n’ont pas hésité à tirer sur la foule, faisant près de 5 morts et 300 blessés selon un dernier bilan communiqué par le comité médical formé par les manifestants. En 24 heures au Yémen, ce ne sont pas moins de 7 personnes qui ont été tuées, dont un écolier de 12 ans tué par des tirs de policiers.

Pourtant dans un discours daté du jeudi 10 mars, le président Saleh s'était engagé à "continuer de protéger" les manifestants, qu'ils soient pour ou contre son régime. Des promesses déjà envolées.


                                                                            Crédits photo : AFP

Le comité médical mis en place par les manifestants accuse également le régime d’utiliser des gaz toxiques qui paralysent le système nerveux et l'appareil respiratoire. Ce qui provoque des évanouissements.

Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies s'est déclaré "très inquiet" de la détérioration de la situation au Yémen et a condamné "l'usage excessif de la force" contre "des manifestants pacifiques". Les pays étrangers commencent à appeler leurs ressortissants à quitter le pays face à l’escalade de la violence.

Alors que la situation se dégrade de jour en jour, le dialogue n’a toujours pas commencé. Les yéménites continueront à descendre dans les rues jusque quand le président Saleh leur tendra la main. Quand ? C’est la grande inconnue puisque le président yéménite semble s’accrocher au pouvoir. Ce dimanche, de nouveaux heurts opposant les manifestants aux forces de l’ordre ont eu lieu à Sanaa. Une nouvelle journée noire et sanglante pour le pays. • Geoffrey HULSENS



                                                                     



dimanche 27 février 2011

Tunisie : Le Premier ministre a jeté l’éponge. La rue triomphe à nouveau !

Les 100 milles manifestants qui défilaient le 25 février dans les rues de Tunis, ont été entendus. Le Premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi a annoncé cette après-midi sa démission alors que de nouvelles scènes de violences avaient lieu aujourd’hui dans le centre de Tunis. Hier, de violents affrontements opposant les forces de l’ordre et des jeunes ont fait au moins trois morts dans la capitale. Un poids trop lourd a porté pour le Premier ministre ? Il semblerait puisqu'il a affirmé qu'il n'était pas "le genre de personne à prendre des décisions qui pourraient provoquer des victimes".

http://www.france-info.com


L’annonce de cette démission, pourtant demandée par tous, a été accueillie avec des réactions plutôt mitigées. Et pour cause, ce geste de Ghannouchi représente qu’une petite victoire parmi les nombreuses revendications exigées depuis maintenant la mi-décembre 2010. Les tunisiens réclament toujours une nouvelle constitution mais surtout, la démission des 11 ministres du gouvernement de transition, trop proches du RCD, le parti de l’ex-président Ben Ali. Qui pour occuper le poste vacant de Premier ministre ? C’est la grande inconnue aujourd’hui (1). La confiance s’est envolée tout comme l’espoir de voir rapidement la mise en place d’une démocratie.


Jadis, les rassemblements étaient interdits. Vengeance à celui ou celle qui osait défier le régime. A présent, la rue a ce pouvoir de faire tomber les plus hauts dirigeants. On se doute que d’autres personnes suivront le même chemin que Ben Ali ou Ghannouchi. Mais à quel prix ? Des morts sont malheureusement nécessaires pour accéder à la démocratie. Le chemin est donc encore long. La révolution n’est pas terminée en Tunisie. Elle ne fait que commencer…alors que des centaines de milliers de libyens fuient leur pays pour échapper aux répressions sanglantes de Kadhafi. La vie serait-elle plus rose pour ces exilés libyens en Tunisie ? • Geoffrey HULSENS



(1) : On a appris aux alentours de 19h30 la nomination de Beji Caïd Sebsi au poste de Premier ministre. Il remplace ainsi Mohammed Ghannouchi qui avait annoncé sa démission un peu plus tôt dans la journée.

Ecouter le reportage d'Euronews :

samedi 26 février 2011

Bahreïn : Des ministres commencent à tomber !

L’effet domino, craint par tous, a eu lieu. Plus aucun pays n’est à l’abri de la vague de soulèvement populaire qui touche pratiquement toutes les nations de la péninsule arabique. Le Bahreïn, qu’on pensait protégé de ces manifestations, n’échappe pas à la règle. Ici, la situation est encore plus délicate puisque le Royaume de Bahreïn est dirigé par une dynastie sunnite alors que la majorité des bahreïnis sont chiites. Le Parlement est soumis pour l’essentiel au monarque, le roi Issa al Khalifa…Il n’en fallait pas moins pour mettre le feu aux poudres.

                                                         http://www.radio-canada.ca

C’est donc depuis le 14 février que les habitants manifestent dans les rues. Des milliers d’entre eux s’étaient rassemblés hier dans la capitale, Manama, afin de réclamer des réformes politiques. Et comme chaque pays à son point de ralliement, les bahreïnis s’étaient donné rendez-vous sur la Place de la Perle…un bien joli nom pour une place devenue, malgré elle, le symbole de la révolte. Même si le roi dirige le pays d’une main de fer, il a décidé aujourd’hui de répondre aux demandes de l’opposition chiite en procédant à un remaniement ministériel. Les ministres du Logement, de la Santé et des Affaires gouvernementales ont été remerciés tandis que cinq autres ministres changent de portefeuille…pas sûr que cela fasse calmer le jeu.

En effet, au sein même de l’opposition chiite, on observe des divergences d’opinion. Alors que certains réclament des réformes démocratiques, d’autres demandent tout bonnement la fin de la monarchie. Quoiqu’il en soit, le monarque est prêt à dialoguer avec l’opposition. Cette annonce a été faite alors que la journée d’hier avait été déclarée jour de deuil national en mémoire des victimes du 14 février qui ont été tuées à balles réelles. Aujourd’hui, l’armée s’est retirée sous ordre des autorités bahreïnies. Ces avancées, toutefois minimes, semblent dérisoires face aux besoins de la population. Le Bahreïn connait un taux de chômage de 3,9% de la population qui s’élève à 1,2 millions d'habitants.

Les médias d’Etat ont à peine couvert les événements depuis le début des protestations. La censure, qui a toujours existée dans les pays de la péninsule arabique, n’a jamais été aussi si forte. Le régime bahreïni vacille…alors que le dialogue n'a toujours pas commencé. • Geoffrey HULSENS

vendredi 25 février 2011

Tunisie : Après Ben Ali, les manifestants s’attaquent désormais à Ghannouchi, qui annonce dans la foulée de nouvelles élections !

Retour en Tunisie, premier pays à connaitre la "Révolution du Jasmin". On pensait que les choses étaient revenues au calme. En réalité, il n’en est rien ! Plus d’un mois après la chute et la fuite en Arabie-Saoudite de l’ex-Président tunisien Ben Ali, le gouvernement de transition doit faire face à une nouvelle colère tunisienne. Près de 100.000 personnes se sont réunies aujourd’hui afin de demander le départ du Premier ministre Mohamed Ghannouchi. Des milliers d’entre eux ont repris en cœur, ce qui est maintenant devenu la marque de fabrique dans la lute contre le régime, le célèbre « Dégage ».

                                                                                 http://www.tv5.org

Si Ben Ali est bien parti, le système mis en place par l’ancien dictateur est toujours bel et bien présent. Ghannouchi, qui avait alors été nommé Premier ministre par Ben Ali en 1999, est toujours en place. Inconcevable pour les tunisiens qui demandent une refonte totale du système politique, économique et sociale du pays. Incompétent et inefficace, le gouvernement de transition ne séduit pas. Et pour cause, Olfa Riahi, journaliste tunisienne, pointe du doigt l’absence de réaction face aux crimes commis en Libye, la crise sécuritaire du pays, le silence médiatique, etc. Bref, un vide politique total !

Ce vendredi, classé jour férié, a été le théâtre de rafales d’armes automatiques, tandis que des hélicoptères de l’armée survolaient Tunis et que plusieurs bâtiments officiels étaient en feu. Pour calmer le jeu, le gouvernement a annoncé de nouvelles élections qui devraient se tenir au plus tard mi-juillet 2011. D’ici là, nul doute que d’autres manifestations et revendications seront inscrites dans l’Histoire. Le changement, qu’on pensait en route depuis le 14 janvier 2011 avec le départ de l’ex-Président, n’est pas encore en marche. L’impatience se lit sur le visage des tunisiens tandis que le bras de fer continue. • Geoffrey HULSENS

jeudi 24 février 2011

Libye : Le drapeau libyen boycotté par les manifestants !

Ce jeudi, c’est la Libye qui occupe encore une fois l’actualité internationale alors que le colonel Mouammar Kadhafi semble être de plus en plus isolé sur la scène internationale. En effet, Barak Obama et Nicolas Sarkozy ont (enfin) condamné les violences à l’encontre du peuple libyen. Tandis que les étrangers tentent de quitter tant bien que mal le pays, les manifestants continuent à braver l’interdit. Mouammar Kadhafi s’est à nouveau exprimé à la télévision d’Etat pour la deuxième fois…en deux jours. L’ouest du pays commence à échapper au tyran qui ne lâche pas les rênes : il montre une nouvelle fois via son allocution télévisée qu’il règne en maître sur le pays. A l’est, les insurgés gagnent également du terrain mais les « pro-Kadhafi » ne sont pas loin. La guerre civile a bien lieu et certains avancent un bilan dramatique qui pourrait s’élever au dessus des 2000 morts. Et comme lors de son apparition télévisée d’hier, le colonel a encore brandi la peur et la menace d’une islamisation du pays. Il accuse d’ailleurs Al Qaeda et Ben Laden d’être derrière les revendications des manifestants. Gare aux représailles des islamistes, qui n’aiment pas être titillés !

Mais la chose la plus étonnante est venue de la part des manifestants qui, contrairement à leurs voisins tunisiens ou égyptiens, ne brandissent pas le drapeau de leur pays. Ils l’ont tout simplement boycotté. Exit donc tout ce qui se rapproche de près ou de loin à Kadhafi car c’est bien lui qui a instauré le drapeau libyen en 1977 après avoir renversé le roi Idris 1re en 1969.


L’un des fils Kadhafi s’est également exprimé aujourd’hui. Il invite « les journalistes du monde entier à venir en Libye » comme pour prouver que le régime n’avait rien à cacher…comme pour montrer que la presse est libre alors qu’elle a toujours été interdite. La pression sur les journalistes s’accentuera dans le futur proche, comme on a pu l’observer en Egypte avec les mesures de censure adoptées par l’ex-président Moubarak. Car ici en Libye, les journalistes qui ne passent pas d’accord avec le régime sont considérés comme « hors-la-loi» et comme des « collaborateurs d’Al Qaeda ». • Geoffrey HULSENS