Alors que le monde entier est braqué sur la Libye où la situation semble évoluer d’heure en heure et où de plus en plus de régions échappent au régime du colonel Mouammar Kadhafi, on a assisté ce mercredi à un événement historique dans un autre pays arabe qui connait depuis plusieurs jours des manifestations réprimées avec force par le régime. En effet, l’Algérie a décidé de lever l’état d’urgence, alors en vigueur depuis 19 ans. Ces mesures, mises en place en 1992 puis prorogées en 1993, donnaient largement le pouvoir à l’armée, les médias pouvaient être contrôlés, le couvre-feu installé pour limiter la circulation à certains lieux et à certaines heures,…Aujourd’hui, il reste l’ultime étape pour que l’état d’urgence soit levé. Celle de la publication dans le Journal officiel. Selon certaines sources, cette publication serait « imminente ».
Si la levée de l’état d’urgence est une décision politique très forte, on doute cependant que le régime donnera des faveurs à la presse ainsi qu’aux manifestants qui n’hésitent pas à utiliser les grands moyens afin de se faire entendre. A ce jour, sept jeunes chômeurs se sont automutilés alors que la vague de protestation touche désormais les employés paramédicaux, les agents municipaux et les étudiants des grandes écoles d’ingénieurs. Tous scandent « Bouteflika dégage », ayant réussi à braver les cordons de sécurité, soulevés par ce vent de liberté qui parcourt actuellement tout le monde arabe. Cependant, le mouvement de contestation ne semble pas encore avoir pris une ampleur comme en Tunisie, Egypte ou Libye…car ici en Algérie, l’armée occupe les pleins pouvoirs et même si l’état d’urgence est levé, la lutte « contre le terrorisme et la subversion » resteront du ressort des militaires.
Les algériens, qui espèrent tous reproduire le même schéma que leurs voisins tunisiens ou égyptiens, continueront à se rassembler place du 1re mai à Alger.
Malgré l’interdiction de manifester, la révolution du printemps arabe semble bien mise en route. Au risque de mettre leur vie en péril, plus rien ne semble arrêter les algériens. Même la mort... · Geoffrey HULSENS


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