Retour en Tunisie, premier pays à connaitre la "Révolution du Jasmin". On pensait que les choses étaient revenues au calme. En réalité, il n’en est rien ! Plus d’un mois après la chute et la fuite en Arabie-Saoudite de l’ex-Président tunisien Ben Ali, le gouvernement de transition doit faire face à une nouvelle colère tunisienne. Près de 100.000 personnes se sont réunies aujourd’hui afin de demander le départ du Premier ministre Mohamed Ghannouchi. Des milliers d’entre eux ont repris en cœur, ce qui est maintenant devenu la marque de fabrique dans la lute contre le régime, le célèbre « Dégage ».
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Si Ben Ali est bien parti, le système mis en place par l’ancien dictateur est toujours bel et bien présent. Ghannouchi, qui avait alors été nommé Premier ministre par Ben Ali en 1999, est toujours en place. Inconcevable pour les tunisiens qui demandent une refonte totale du système politique, économique et sociale du pays. Incompétent et inefficace, le gouvernement de transition ne séduit pas. Et pour cause, Olfa Riahi, journaliste tunisienne, pointe du doigt l’absence de réaction face aux crimes commis en Libye, la crise sécuritaire du pays, le silence médiatique, etc. Bref, un vide politique total !
Ce vendredi, classé jour férié, a été le théâtre de rafales d’armes automatiques, tandis que des hélicoptères de l’armée survolaient Tunis et que plusieurs bâtiments officiels étaient en feu. Pour calmer le jeu, le gouvernement a annoncé de nouvelles élections qui devraient se tenir au plus tard mi-juillet 2011. D’ici là, nul doute que d’autres manifestations et revendications seront inscrites dans l’Histoire. Le changement, qu’on pensait en route depuis le 14 janvier 2011 avec le départ de l’ex-Président, n’est pas encore en marche. L’impatience se lit sur le visage des tunisiens tandis que le bras de fer continue. • Geoffrey HULSENS


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