samedi 26 février 2011

Bahreïn : Des ministres commencent à tomber !

L’effet domino, craint par tous, a eu lieu. Plus aucun pays n’est à l’abri de la vague de soulèvement populaire qui touche pratiquement toutes les nations de la péninsule arabique. Le Bahreïn, qu’on pensait protégé de ces manifestations, n’échappe pas à la règle. Ici, la situation est encore plus délicate puisque le Royaume de Bahreïn est dirigé par une dynastie sunnite alors que la majorité des bahreïnis sont chiites. Le Parlement est soumis pour l’essentiel au monarque, le roi Issa al Khalifa…Il n’en fallait pas moins pour mettre le feu aux poudres.

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C’est donc depuis le 14 février que les habitants manifestent dans les rues. Des milliers d’entre eux s’étaient rassemblés hier dans la capitale, Manama, afin de réclamer des réformes politiques. Et comme chaque pays à son point de ralliement, les bahreïnis s’étaient donné rendez-vous sur la Place de la Perle…un bien joli nom pour une place devenue, malgré elle, le symbole de la révolte. Même si le roi dirige le pays d’une main de fer, il a décidé aujourd’hui de répondre aux demandes de l’opposition chiite en procédant à un remaniement ministériel. Les ministres du Logement, de la Santé et des Affaires gouvernementales ont été remerciés tandis que cinq autres ministres changent de portefeuille…pas sûr que cela fasse calmer le jeu.

En effet, au sein même de l’opposition chiite, on observe des divergences d’opinion. Alors que certains réclament des réformes démocratiques, d’autres demandent tout bonnement la fin de la monarchie. Quoiqu’il en soit, le monarque est prêt à dialoguer avec l’opposition. Cette annonce a été faite alors que la journée d’hier avait été déclarée jour de deuil national en mémoire des victimes du 14 février qui ont été tuées à balles réelles. Aujourd’hui, l’armée s’est retirée sous ordre des autorités bahreïnies. Ces avancées, toutefois minimes, semblent dérisoires face aux besoins de la population. Le Bahreïn connait un taux de chômage de 3,9% de la population qui s’élève à 1,2 millions d'habitants.

Les médias d’Etat ont à peine couvert les événements depuis le début des protestations. La censure, qui a toujours existée dans les pays de la péninsule arabique, n’a jamais été aussi si forte. Le régime bahreïni vacille…alors que le dialogue n'a toujours pas commencé. • Geoffrey HULSENS

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