Ce jeudi, c’est la Libye qui occupe encore une fois l’actualité internationale alors que le colonel Mouammar Kadhafi semble être de plus en plus isolé sur la scène internationale. En effet, Barak Obama et Nicolas Sarkozy ont (enfin) condamné les violences à l’encontre du peuple libyen. Tandis que les étrangers tentent de quitter tant bien que mal le pays, les manifestants continuent à braver l’interdit. Mouammar Kadhafi s’est à nouveau exprimé à la télévision d’Etat pour la deuxième fois…en deux jours. L’ouest du pays commence à échapper au tyran qui ne lâche pas les rênes : il montre une nouvelle fois via son allocution télévisée qu’il règne en maître sur le pays. A l’est, les insurgés gagnent également du terrain mais les « pro-Kadhafi » ne sont pas loin. La guerre civile a bien lieu et certains avancent un bilan dramatique qui pourrait s’élever au dessus des 2000 morts. Et comme lors de son apparition télévisée d’hier, le colonel a encore brandi la peur et la menace d’une islamisation du pays. Il accuse d’ailleurs Al Qaeda et Ben Laden d’être derrière les revendications des manifestants. Gare aux représailles des islamistes, qui n’aiment pas être titillés !
Mais la chose la plus étonnante est venue de la part des manifestants qui, contrairement à leurs voisins tunisiens ou égyptiens, ne brandissent pas le drapeau de leur pays. Ils l’ont tout simplement boycotté. Exit donc tout ce qui se rapproche de près ou de loin à Kadhafi car c’est bien lui qui a instauré le drapeau libyen en 1977 après avoir renversé le roi Idris 1re en 1969.
L’un des fils Kadhafi s’est également exprimé aujourd’hui. Il invite « les journalistes du monde entier à venir en Libye » comme pour prouver que le régime n’avait rien à cacher…comme pour montrer que la presse est libre alors qu’elle a toujours été interdite. La pression sur les journalistes s’accentuera dans le futur proche, comme on a pu l’observer en Egypte avec les mesures de censure adoptées par l’ex-président Moubarak. Car ici en Libye, les journalistes qui ne passent pas d’accord avec le régime sont considérés comme « hors-la-loi» et comme des « collaborateurs d’Al Qaeda ». • Geoffrey HULSENS


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