Les 100 milles manifestants qui défilaient le 25 février dans les rues de Tunis, ont été entendus. Le Premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi a annoncé cette après-midi sa démission alors que de nouvelles scènes de violences avaient lieu aujourd’hui dans le centre de Tunis. Hier, de violents affrontements opposant les forces de l’ordre et des jeunes ont fait au moins trois morts dans la capitale. Un poids trop lourd a porté pour le Premier ministre ? Il semblerait puisqu'il a affirmé qu'il n'était pas "le genre de personne à prendre des décisions qui pourraient provoquer des victimes".
http://www.france-info.com
L’annonce de cette démission, pourtant demandée par tous, a été accueillie avec des réactions plutôt mitigées. Et pour cause, ce geste de Ghannouchi représente qu’une petite victoire parmi les nombreuses revendications exigées depuis maintenant la mi-décembre 2010. Les tunisiens réclament toujours une nouvelle constitution mais surtout, la démission des 11 ministres du gouvernement de transition, trop proches du RCD, le parti de l’ex-président Ben Ali. Qui pour occuper le poste vacant de Premier ministre ? C’est la grande inconnue aujourd’hui (1). La confiance s’est envolée tout comme l’espoir de voir rapidement la mise en place d’une démocratie.
Jadis, les rassemblements étaient interdits. Vengeance à celui ou celle qui osait défier le régime. A présent, la rue a ce pouvoir de faire tomber les plus hauts dirigeants. On se doute que d’autres personnes suivront le même chemin que Ben Ali ou Ghannouchi. Mais à quel prix ? Des morts sont malheureusement nécessaires pour accéder à la démocratie. Le chemin est donc encore long. La révolution n’est pas terminée en Tunisie. Elle ne fait que commencer…alors que des centaines de milliers de libyens fuient leur pays pour échapper aux répressions sanglantes de Kadhafi. La vie serait-elle plus rose pour ces exilés libyens en Tunisie ? • Geoffrey HULSENS
(1) : On a appris aux alentours de 19h30 la nomination de Beji Caïd Sebsi au poste de Premier ministre. Il remplace ainsi Mohammed Ghannouchi qui avait annoncé sa démission un peu plus tôt dans la journée.
Ecouter le reportage d'Euronews :
Ecouter le reportage d'Euronews :


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire