On dit souvent qu’un événement en chasse un autre. Surtout lorsqu’il est impressionnant, dramatique, désolant, inouï, imprévu. Les adjectifs ne manquent pas pour qualifier le puissant séisme de magnitude 9.0 sur l’échelle ouverte de Richter qui a secoué le Japon le vendredi 11 mars 2011. Ce puissant tremblement de terre a provoqué un tsunami avec des vagues pouvant atteindre à certains endroits dix mètres de haut. Les images nous glacent le sang. On pensait que l’île nippone pouvait faire face à ce genre d’événement imprévisible. La nature reprend ce que l’homme lui a arraché…elle arrache à son tour des milliers de vies humaines. Aujourd’hui, la menace d’une catastrophe nucléaire angoisse les milliers de japonais.
Durant un instant, on oublierait presque que le monde arabe est encore en ébullition. Oui, des manifestants sont toujours présents ici et là dans les rues qu’on soit en Tunisie, en Egypte, au Maroc, en Libye, au Qatar, en Arabie Saoudite,…au Yémen. La démocratie fait encore rêver, malgré la répression.
Justement, ce samedi 12 mars, des manifestants s’étaient rassemblés à Sanaa, capitale yéménite. Les protestataires réclament toujours une démocratie. D’autres demandent la démission du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. Ce dernier, qui fait toujours la sourde oreille, a donc lancé l’assaut sur les manifestants qui campaient depuis le 21 février sur la place de l’Université. Les forces de l’ordre yéménites n’ont pas hésité à tirer sur la foule, faisant près de 5 morts et 300 blessés selon un dernier bilan communiqué par le comité médical formé par les manifestants. En 24 heures au Yémen, ce ne sont pas moins de 7 personnes qui ont été tuées, dont un écolier de 12 ans tué par des tirs de policiers.
Pourtant dans un discours daté du jeudi 10 mars, le président Saleh s'était engagé à "continuer de protéger" les manifestants, qu'ils soient pour ou contre son régime. Des promesses déjà envolées.
Crédits photo : AFP
Le comité médical mis en place par les manifestants accuse également le régime d’utiliser des gaz toxiques qui paralysent le système nerveux et l'appareil respiratoire. Ce qui provoque des évanouissements.
Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies s'est déclaré "très inquiet" de la détérioration de la situation au Yémen et a condamné "l'usage excessif de la force" contre "des manifestants pacifiques". Les pays étrangers commencent à appeler leurs ressortissants à quitter le pays face à l’escalade de la violence.
Alors que la situation se dégrade de jour en jour, le dialogue n’a toujours pas commencé. Les yéménites continueront à descendre dans les rues jusque quand le président Saleh leur tendra la main. Quand ? C’est la grande inconnue puisque le président yéménite semble s’accrocher au pouvoir. Ce dimanche, de nouveaux heurts opposant les manifestants aux forces de l’ordre ont eu lieu à Sanaa. Une nouvelle journée noire et sanglante pour le pays. • Geoffrey HULSENS


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