samedi 9 avril 2011

Libye : Après l’euphorie des rebelles, le désespoir

L’Alliance atlantique (Otan), qui dirige désormais les opérations de commandement militaire en Libye, est critiquée pour avoir bombardé des chars appartenant aux rebelles. L’Otan ne souhaite pas s’excuser mais a exprimé ses « regrets ». Un moindre mal pour les rebelles qui estiment que l’Alliance atlantique ne joue pas totalement son rôle, à savoir de protéger les civils. Et on peut comprendre les opposants au régime du colonel Kadhafi. Voilà maintenant sept semaines que le conflit a débuté et, même si le guide libyen a perdu quelques villes au profit des opposants, on a l’impression que la situation stagne.

Toute la communauté internationale se réjouissait de voir arriver les étrangers (France, Grande-Bretagne et Etats-Unis en tête) afin de déloger Kadhafi, mais aujourd’hui tout le monde déchante. Les bavures de l’Alliance atlantique se multiplient. Le scénario d’un « Irak » ou d’un « Afghanistan » a bien lieu.

L’Allemagne, qui a toujours refusé de participer aux opérations militaires en affirmant qu’elle ne souhaitait pas que les civils soient touchés, doit aujourd’hui se frotter les mains. Angela Merkel doit être fière et pointer du doigt les pays impliqués dans le conflit armés. Quoiqu’il en soit, l’impasse est réelle. Tant sur le terrain que sur le plan politique. L’Otan, visiblement optimiste, ne voit pas de blocage en Libye.

Sur le terrain, l’essentiel des combats se déroulent dans le port pétrolier de Brega et dans la ville d'Ajbadiya, où une violente explosion a été entendue ce samedi. Dans les coulisses, les tentatives de médiation se multiplient. Ce week-end, le président sud africain Jacob Zuma et ses homologues du Congo, de la Mauritanie, du Mali et de l’Ouganda espèrent rencontrer dimanche Mouammar Kadhafi. Ils se rendront ensuite à Benghazi, fief des insurgés, afin d’obtenir un cessez-le-feu. L’Union européenne rencontrera quant à elle un représentant du Conseil national de transition (CNT). Ce Conseil a été reconnu par la France, le Qatar et l’Italie.


        Des insurgés libyens près de la ville de Brega, le 1er avril 2011 F.O'REILLY / REUTERS

Pour sa part, Kadhafi semble serein. Il s’est rendu ce samedi dans une école de Tripoli. Les enfants scandaient des propos anti-occidentaux. Probablement une nouvelle mise en scène du régime qui veut montrer, via la télévision libyenne, que le dirigeant a encore des « amis ».

A voir les bavures de l’Alliance atlantique, on pourrait souhaiter qu’elle se retire du conflit. Mais ce serait encore plus délicat de laisser la population libyenne seule face à Kadhafi. Tout le monde sait de quoi il est capable…du pire comme du meilleur. Même si les obstacles sont encore nombreux avant d’arriver à une démocratie, le changement est bien présent. Geoffrey HULSENS 






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