Le 27 avril dernier, une séance spéciale de l’Onu avait eu lieu à la demande des Etats-Unis afin de condamner la répression en Syrie. Ce fut un véritable échec. Depuis lors, les discussions étaient au point mort. Du moins, c’est ce qu’on pensait puisqu’on a appris ce mardi qu’un accord se profilait pour punir le régime de Bachar al-Assad. Cet accord est encore loin d’être conclu puisque Moscou et Pékin menacent encore de mettre leur droit de veto sur un texte.
Pour obtenir justement une résolution du Conseil de sécurité, il faut éviter à tout prix le veto d’un membre permanent (Russie et Chine en font partie) et ensuite réunir neuf voix. On en est donc encore loin aujourd’hui même si le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, se montre plutôt confiant.
Prendre des mesures contre le régime syrien devient de plus en plus urgent d’autant plus que les vidéos qui nous parviennent de manifestants syriens sont intenables. Les autorités n’hésitent pas à tirer à balles réelles. Les victimes se comptent par milliers.
Un appel à la grève à par ailleurs été lancé pour ce mercredi 18 mai. Des manifestations massives sont attendues sur tout le territoire. L’appel à cette manifestation géante a été lancé grâce au réseau social Facebook. Ce mardi soir, près de 178.000 personnes annonçaient leur participation pour la grande journée de demain.
Reportage d'Euronews du 14 mai 2011
Enfin à Deraa, foyer de la contestation, un témoin affirmait avoir découvert une fosse commune. Le ministère de l’intérieur syrien dénonce une « campagne calomnieuse » pour déstabiliser la Syrie. Il est toujours très difficile de vérifier les informations sur place puisque le régime interdit le déplacement de tous les journalistes ; sauf ceux qui travaillent pour les médias appartenant à Bachar al-Assad.
La situation sur place est donc toujours très préoccupante. Si la Russie et la Chine font toujours bloc au Conseil de sécurité de l’Onu, on assistera à une vague importante de déplacés. La situation deviendra vite hors de contrôle à la fois pour les pays voisins mais aussi pour l’Europe qui doit déjà faire face à des arrivées massives d’immigrés tunisiens et libyens notamment. Un accord à l’Onu permettrait surtout aux Syriens d’espérer des jours meilleurs alors qu'ils vivent la période la plus sombre de leur histoire. Geoffrey HULSENS

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