Un mois après le début de la contestation populaire en Libye, la situation est alarmante et s’aggrave au fil des jours. La communauté internationale reste divisée quant aux sanctions à prendre contre le régime de Kadhafi.
Le G8, les plus grandes puissances au monde, s’était réuni le mardi 15 mars à Paris. C’est le fiasco total puisqu’aucun consensus n’a été trouvé. La Russie et la Chine ayant mis leur droit de veto, des opérations militaires n’auront donc pas lieu de la part des étrangers. C’était en tout cas la volonté notamment de la France. Par ailleurs, la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne et des tirs ciblés ne fait pas non plus l’unanimité. Pourtant Paris, Londres, la Ligue arabe et l’opposition libyenne étaient d’accord sur ce point. Encore une fois, le Conseil de sécurité de l’Onu est bloqué à cause des Chinois mais aussi des Etats-Unis qui n’arrivent pas à prendre une position claire et ferme.
Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi le 12 décembre 2007. Crédits photo : AFP
La semaine dernière, le chef de l’Etat français avait reconnu l’opposition libyenne comme seule représentante du régime. Une décision qui avait pris de court l’ensemble des pays de l’Union européenne. Le leader libyen avait aussitôt menacé de rendre public « un grave secret » lié à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Une stratégie dans le but de faire tomber le chef de l’Etat français ? En tout cas, l’Elysée n’en démord pas et clame haut et fort être victime d’une manipulation à un peu plus d’un an des élections présidentielles.
Si cette information serait exacte, ce serait un coup dur pour l’UMP, parti de Nicolas Sarkozy, qui ne cesse d’être relégué à la troisième place dans tous les sondages dans la course à la présidentielle. Le Parti socialiste n’hésitera pas à sauter sur l’occasion pour demander des éclaircissements. Le Front national, quant à lui, poursuit son petit bonhomme de chemin. Le gouvernement de Sarkozy, qui a été remanié suite aux polémiques de l’ancienne ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, perdrait encore plus de crédibilité aux yeux des citoyens français.
On l’a vu, critiquer le régime de Kadhafi, même quand on est un chef de l’Etat ne pardonne pas. En revanche, s’il s’avérait que Nicolas Sarkozy aurait bien reçu un chèque afin de financer sa campagne électorale, c’est tout simplement le revers de la médaille. Sarkozy pourrait voir ses chances d’être réélu président tout bonnement s’envolées. • Geoffrey HULSENS
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