mardi 17 mai 2011

Syrie : Peut-être un accord à l’Onu pour condamner Damas !

Le 27 avril dernier, une séance spéciale de l’Onu avait eu lieu à la demande des Etats-Unis afin de condamner la répression en Syrie. Ce fut un véritable échec. Depuis lors, les discussions étaient au point mort. Du moins, c’est ce qu’on pensait puisqu’on a appris ce mardi qu’un accord se profilait pour punir le régime de Bachar al-Assad. Cet accord est encore loin d’être conclu puisque Moscou et Pékin menacent encore de mettre leur droit de veto sur un texte.

Pour obtenir justement une résolution du Conseil de sécurité, il faut éviter à tout prix le veto d’un membre permanent (Russie et Chine en font partie) et ensuite réunir neuf voix. On en est donc encore loin aujourd’hui même si le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, se montre plutôt confiant.

Prendre des mesures contre le régime syrien devient de plus en plus urgent d’autant plus que les vidéos qui nous parviennent de manifestants syriens sont intenables. Les autorités n’hésitent pas à tirer à balles réelles. Les victimes se comptent par milliers.

 Un appel à la grève à par ailleurs été lancé pour ce mercredi 18 mai. Des manifestations massives sont attendues sur tout le territoire. L’appel à cette manifestation géante a été lancé grâce au réseau social Facebook. Ce mardi soir, près de 178.000 personnes annonçaient leur participation pour la grande journée de demain.



Reportage d'Euronews du 14 mai 2011
Enfin à Deraa, foyer de la contestation, un témoin affirmait avoir découvert une fosse commune. Le ministère de l’intérieur syrien dénonce une « campagne calomnieuse » pour déstabiliser la Syrie. Il est toujours très difficile de vérifier les informations sur place puisque le régime interdit le déplacement de tous les journalistes ; sauf ceux qui travaillent pour les médias appartenant à Bachar al-Assad.

La situation sur place est donc toujours très préoccupante. Si la Russie et la Chine font toujours bloc au Conseil de sécurité de l’Onu, on assistera à une vague importante de déplacés. La situation deviendra vite hors de contrôle à la fois pour les pays voisins mais aussi pour l’Europe qui doit déjà faire face à des arrivées massives d’immigrés tunisiens et libyens notamment. Un accord à l’Onu permettrait surtout aux Syriens d’espérer des jours meilleurs alors qu'ils vivent la période la plus sombre de leur histoire. Geoffrey HULSENS

vendredi 13 mai 2011

Libye : Kadhafi blessé ? L’information fait l’effet d’une bombe

Mouammar Kadhafi serait blessé et aurait quitté son fief, Tripoli. Cette information (ou peut-être doit-on la qualifier de rumeur) fait grand bruit. La nouvelle a été révélée ce vendredi 13 mai par l’évêque de Tripoli, Mgr Martinelli.

Dernière apparition de Mouammar Kadhafi à la télévision d'Etat libyenne, le 11 mai dernier. Capture de la télévision d'État libyenne. France Info

Quand on analyse la situation actuelle, on comprend très vite pourquoi certains pensent que le colonel libyen serait souffrant. Sa dernière apparition publique date du 30 avril durant laquelle il avait affirmé : « Je ne quitterai pas mon pays et je m’y battrai jusqu’à la mort ».

En revanche, sa dernière apparition télévisée date du 11 mai dernier et n’a pu être authentifiée. Dès lors, on comprend rapidement pourquoi de nombreuses personnes jugent « crédibles » les informations révélées par Mgr. Martinelli. Le régime libyen nie en bloc ces informations et y voit sans doute encore un complot.


Ce qui est certain, c’est que les bombardements continuent toujours dans le pays sous le commandement de l’Otan depuis le 31 mars. Les avions de la coalition ont déjà effectué plus de 6.377 vols, dont 2.500 avec pour objectif de mener des attaques aériennes. Les Belges, toujours impliqués dans le conflit, sortent en moyenne deux fois par jour.

Malheureusement, les raids ne se terminent pas toujours bien. Un bombardement de l’Otan aurait fait 16 morts ce vendredi 13 mai à l’aube. Le conditionnel est utilisé car l’information a été dévoilée par la télévision publique libyenne qui n’hésite pas à diffuser de fausses informations. Dans quel but ? Montrer à la population libyenne que l’Alliance atlantique n’est pas la bienvenue sur le territoire et qu’elle tue des civils. D’ailleurs, l’information n’a même pas été confirmée à l’heure actuelle par une source indépendante.

Enfin, la Cour pénale internationale (CPI) demandera aux juges début de la semaine prochaine de délivrer des mandats d’arrêt. Les proches du régime libyen seront suivis pour crimes contre l’humanité, a annoncé le procureur de la CPI.

Si Mouammar Kadhafi a bien quitté Tripoli, ce serait un nouveau coup dur pour son clan mais une grande victoire pour les rebelles qui cherchent depuis des semaines à approcher la capitale libyenne. Geoffrey HULSENS

Pour écouter les précisions d'Eric Valmir : cliquer ici

Mises à jour

Quelques heures à peine après la publication de cet article, Mouammar Kadhafi s'exprimait dans un bref message audio. Il affirmait que "les bombardements de la coalition ne m'atteindront pas". Cette déclaration met ainsi un terme aux rumeurs selon lesquelles il aurait été blessé par des bombardements de l'Otan.

mardi 3 mai 2011

Syrie : Un journaliste libéré le jour où la liberté de la presse est célébrée !

Ce 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse, est l'occasion de rappeler que près de 300 journalistes et collaborateurs sont encore derrière les barreaux. Emprisonnés alors qu'ils exerçaient leur métier; leur passion.

La Libre Belgique, en collaboration avec Reporters Sans Frontières a diffusé à cette occasion un classement mondial de la liberté de la presse. Les bons élèves cette année sont la Finlande, l'Islande, la Norvège, les Pays-Bas, la Suède et la Suisse. En revanche, les pays où la situation est catastrophique pour la presse sont l'Erythrée, le Soudan, Rwanda, Corée du Nord, Iran, Birmanie, Yémen ou encore la Syrie.

Et c'est en Syrie justement qu'on a appris aujourd'hui la libération du journaliste algérien Khaled Sid Mohan. Détenu depuis le 9 avril dernier, il se trouve désormais à l'ambassade d'Algérie à Damas. Selon sa famille, il est en bonne santé.


Le journaliste algérien Khaled Sid Mohan a été libéré le jour où la liberté de la presse est célébrée dans le monde entier. Photo : AFP

La révolution arabe rend les conditions de travail extrêmement difficiles pour les journalistes. Ils sont victimes de meurtres, de violences, de détentions arbitraires, d'expulsions ou d'interdiction d'accès. Les pays où la situation est qualifiée de "très grave" sont la Tunisie, la Libye, la Syrie, l'Arabie Saoudite, le Yémen ou encore l'Iran. Les dirigeants n'hésitent pas à museler la presse et à mater les contestataires à l'abri de tous les regards.

Pour conclure, il est bon de souligner qu'il n'y a pas de démocratie forte sans presse libre. Geoffrey HULSENS



lundi 2 mai 2011

Libye : Misrata résiste malgré l’intensification des bombardements

Quasi trois mois sont passés depuis le début des affrontements en Libye. Durant cette période, de nombreuses villes sont tombées aux mains des pro-Kadhafi. D’autres en revanche tiennent bon. C’est le cas de Misrata, toujours assiégée par la rébellion.

Le week-end dernier, les rebelles ont pourtant cru perdre cette ville. La raison ? L’Otan, en charge du commandement des opérations militaires des pays participant, a bombardé la maison de l’un des fils du guide libyen. Le fils cadet de Mouammar Kadhafi est décédé dans les bombardements ainsi que trois de ses petits-fils. Le colonel quant à lui, qui se trouvait dans le bâtiment est sain et sauf.

Aujourd’hui, l’Alliance atlantique est accusée d’avoir voulu assassiner Kadhafi. En guise de représailles, le guide libyen a bombardé le port de Misrata. Cette cible est cruciale pour les rebelles. L’accès terrestre étant coupé, le port est le seul moyen afin d’acheminer des vivres. Détruire le port c’est donc affaiblir les anti-Kadhafi.


                                          © AFP

Malgré ces violences, l’Otan qui cherche toujours des solutions contraignantes au régime syrien, a continué de lâcher des bombes sur Tripoli. Trois mois après le début des violences et de la répression sanglante en Libye, personne n’aurait pensé que Mouammar Kadhafi allait tenir tête aux Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France ou encore la Belgique qui participent aux opérations. Le guide libyen est de plus en plus isolé aussi bien dans son pays que sur la scène internationale.

Le port de Misrata détruit, des dizaines de bateaux attendaient le feu vert de l’Otan pour entrer en rade. Un navire de l’Organisation internationale pour les migrations transporte environ 180 tonnes d’aide humanitaire à destination de la population. Un bateau turc quant à lui a pu quitter la rade rapidement pendant le bombardement. Des obus ont explosé au moment même où le bateau quittait le port.




On le voit, Kadhafi tente le tout pour le tout…son but ? Affaiblir les rebelles pour qu’ils se replient. Ces derniers ne souhaitent pas quitter Misrata. Le faire serait un gros échec puisque la ville se situe seulement à 200 kilomètres à l’est de Tripoli. Au contraire, prendre Tripoli signifierait la fin de la suprématie de Mouammar Kadhafi. Geoffrey HULSENS
                                       


mercredi 27 avril 2011

Syrie : L'Onu peine à se mettre d'accord

Ce mercredi soir, une session spéciale de l'Onu sur la situation en Syrie a eu lieu à la demande des Etats-Unis. A la suite de cette séance, on apprenait que l'Onu n'était pas parvenu à boucler un accord. La raison ? Chine et Russie font toujours bloc contre d'éventuelles sanctions contre le régime syrien de Bachar el-Assad. Le ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, s'est prononcé quant à lui pour que des sanctions immédiates soient instaurées.

                                                                                                  Photo : AFP
La répression sanglante en Syrie aurait fait au moins 107 morts entre vendredi et dimanche, selon le Haut-commissariat de l'Onu aux droits de l'homme. Les manifestants réclamaient toujours la tête du président syrien el-Assad. Pourtant, M. Assad avait levé l'état d'urgence, en vigueur depuis 1963, afin de calmer la rue. En effet, c'était l'une des principales revendications des syriens.

Pour mater la contestation, le régime syrien n'hésite donc pas à utiliser la force militaire. Une option qui n'est pas au goût de tout le monde au sein du parti Baas, parti de Bachar el-Assad. C'est ainsi que près de 240 membres du parti ont fait défection au régime syrien.

Ces démissions successives interviennent alors que le président est de plus en plus seul sur la scène internationale. Toutefois, la situation reste très préoccupante et incertaine comme c'est le cas en Libye, au Yémen ou bien encore en Algérie. Des sanctions, qu'elles soient économiques ou militaires seraient la seule solution afin de mettre fin à ces crimes crapuleux, réalisés en toute impunité ! Geoffrey HULSENS

samedi 16 avril 2011

Algérie : Malgré sa main tendue, Bouteflika déçoit

Au lendemain de son allocution télévisée, le Président algérien Abdelaziz Bouteflika, âgé de 74 ans n’a pas convaincu la population algérienne. Ce samedi matin, plusieurs journaux indépendants titraient : « Loin des attentes des Algériens » (El Watan), « Bouteflika ignore l'opposition » (El Khabar), « Bouteflika déçoit » (Le Soir).

                                                                        Photo : Reuters


Pourtant, c’est la première fois depuis le début de la révolte en Algérie que le Président s’adressait à la nation. Dans un discours d’une vingtaine de minutes, il s’est engagé à réviser la Constitution. Il a également promis une révision de la loi sur l’information et les partis, avec en ligne de mire les élections présidentielles de 2014.


La situation en Algérie est loin d’être comme en Tunisie ou en Egypte. Les manifestations sont principalement locales. Jusqu’à présent, aucun rassemblement national n’a eu lieu. Et pour cause, le moindre groupe qui tente de mener une révolte est de suite réprimé. Quiconque ose défier le pouvoir sera jeté en prison. En février dernier, Bouteflika avait été contraint de lever l’état d’urgence afin de calmer la rue. Mais mardi encore, des centaines d’étudiants étaient une fois de plus descendus par milliers dans les rues d’Alger. Ils dénonçaient notamment la dévalorisation de leurs diplômes.

Les réformes annoncées ont été saluées par de nombreux étrangers dont le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé.

Seules ombres au tableau, aucun calendrier n’a été fixé et jusqu’à présent, aucun membre de son gouvernement n’a été limogé. Geoffrey HULSENS

A Alger, les précisions de la correspondante de France Info, Marie Heuclin : cliquer ici


 




samedi 9 avril 2011

Libye : Après l’euphorie des rebelles, le désespoir

L’Alliance atlantique (Otan), qui dirige désormais les opérations de commandement militaire en Libye, est critiquée pour avoir bombardé des chars appartenant aux rebelles. L’Otan ne souhaite pas s’excuser mais a exprimé ses « regrets ». Un moindre mal pour les rebelles qui estiment que l’Alliance atlantique ne joue pas totalement son rôle, à savoir de protéger les civils. Et on peut comprendre les opposants au régime du colonel Kadhafi. Voilà maintenant sept semaines que le conflit a débuté et, même si le guide libyen a perdu quelques villes au profit des opposants, on a l’impression que la situation stagne.

Toute la communauté internationale se réjouissait de voir arriver les étrangers (France, Grande-Bretagne et Etats-Unis en tête) afin de déloger Kadhafi, mais aujourd’hui tout le monde déchante. Les bavures de l’Alliance atlantique se multiplient. Le scénario d’un « Irak » ou d’un « Afghanistan » a bien lieu.

L’Allemagne, qui a toujours refusé de participer aux opérations militaires en affirmant qu’elle ne souhaitait pas que les civils soient touchés, doit aujourd’hui se frotter les mains. Angela Merkel doit être fière et pointer du doigt les pays impliqués dans le conflit armés. Quoiqu’il en soit, l’impasse est réelle. Tant sur le terrain que sur le plan politique. L’Otan, visiblement optimiste, ne voit pas de blocage en Libye.

Sur le terrain, l’essentiel des combats se déroulent dans le port pétrolier de Brega et dans la ville d'Ajbadiya, où une violente explosion a été entendue ce samedi. Dans les coulisses, les tentatives de médiation se multiplient. Ce week-end, le président sud africain Jacob Zuma et ses homologues du Congo, de la Mauritanie, du Mali et de l’Ouganda espèrent rencontrer dimanche Mouammar Kadhafi. Ils se rendront ensuite à Benghazi, fief des insurgés, afin d’obtenir un cessez-le-feu. L’Union européenne rencontrera quant à elle un représentant du Conseil national de transition (CNT). Ce Conseil a été reconnu par la France, le Qatar et l’Italie.


        Des insurgés libyens près de la ville de Brega, le 1er avril 2011 F.O'REILLY / REUTERS

Pour sa part, Kadhafi semble serein. Il s’est rendu ce samedi dans une école de Tripoli. Les enfants scandaient des propos anti-occidentaux. Probablement une nouvelle mise en scène du régime qui veut montrer, via la télévision libyenne, que le dirigeant a encore des « amis ».

A voir les bavures de l’Alliance atlantique, on pourrait souhaiter qu’elle se retire du conflit. Mais ce serait encore plus délicat de laisser la population libyenne seule face à Kadhafi. Tout le monde sait de quoi il est capable…du pire comme du meilleur. Même si les obstacles sont encore nombreux avant d’arriver à une démocratie, le changement est bien présent. Geoffrey HULSENS